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Champagne : déceptions et coups de cœur

On sait que la force du Net, c'est "l'instantanéité". Il est loin le temps où il me fallait attendre un an pour l'édition du GUIDE ou de MILLESIMES et changer un commentaire sur tel ou tel vin.

Je suis en pleine dégustation de Champagne, et un bon nombre de bouteilles m'ont décu quand d'autres m'ont particulièrement enthousiasmé. C'est une période où je prends le temps de regoûter des vins pour lesquels j'avais eu un vrai coup de cœur. Je déguste ces vins toujours "à l'aveugle", à deux ou trois reprises si je m'étonne d'être surpris. Bref, sur une petite quarantaine de cuvées champenoises débouchées cette semaine, voici ce qu'il en ressort : 943-5.jpg

1/. Deux producteurs sont (gentiment) "déclassés" (voir le CLASSEMENT), passant de leur place très enviable à la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés, à une autre toujours très méritante mais moins prestigieuse : Bonville (que j'avais pourtant hésité l'an dernier à passer en "Premiers", comme quoi) et Vergnon. Les vins sont bons mais les dernières dégustations ne me permettent pas de les situer à un tel niveau. Pour faire taire les mauvaises langues, certains verront que le second est un annonçeur de MILLÉSIMES, et que, pourtant, j'ai préféré le changer de place, même si cela ne l'enchante pas. Une pub ou non n'a donc rien à voir avec cela, et croire qu'il suffit d'en faire une pour être bien classé est illusoire. Au cas où certains en douteraient...

2/. D'autres suivent, de la même manière : BlondelCoulon, Fluteau, JM Gobillard, la coopérative Pannier (pour cette dernière, j'hésite encore). Ils conservent certes leur place dans la catégorie des Deuxièmes Grands Vins mais j'avais sûrement été trop "gentil" avec eux, d'autant plus que, pour certains d'entre eux, les prix ont pu monter ou, à l'inverse, l'image se détériorer quelque peu. Il y a aussi une autre coopérative, Saint-Gall, ou encore Gaudinat-Boivin et Blin. D'autres sont carrément déclassés de "Deuxièmes" en "Troisièmes", et ne devraient pas s'en étonner (Charbaut, Collard-Picard, Gimonnet-Gonet, Sanchez, etc). J'ai été également déçu par des cuvées d'Alfred Gratien, pourtant vraiment pas données.

Je reste dubitatif également sur leur place dans mon Classement des vins de Laurent-Perrier, Ruinart, Jacquart, Cazals, Lalouelle, Launay, Jolly, Nicolas Feuillatte...

Lors de mes prochaines dégustations de Mars, qui confirmeront ou non celles de la semaine, on ajustera tout cela, à la hausse (certains devraient retrouver leur place, quand même) comme à la baisse. Chacun doit l'accepter, c'est le "jeu" et aucun Classement n'est statique, heureusement pour les consommateurs.

3/. Il y a des coups de cœur, qui, franchement, m'ont beaucoup séduit, ce qui va leur faire accéder à des places très confortables dans la hiérarchie des Deuxièmes Grands Vins Classés. Pêle-mêle, Daniel Caillez et Autréau-Lasnot, mais aussi de nouveaux venus qui feront une belle entrée dans le GUIDE, comme Lacourte-Godbillon, Michel Turgy (remarquable Blanc de blancs Millésimé, qui m'a beaucoup plu), ou ces fort jolies cuvées de Prestige des Sacres, dont le Prestige, justement, et le Millésimé 2004. Et d'autres. On verra d'ailleurs qu'il y aura pas mal de bouleversements en Champagne.

4/. Le plus dur, c'est en fait de conserver son rang dans mon Classement. À lâ tête des meilleures cuvées, Krug et Dom Pérignon, certes, mais ces 12 très grandes bouteilles, toutes différentes mais toujours fantastiques, font du Champagne un vin unique que toute la planète nous envie : la cuvée des Millénaires de Charles Heidsieck, une véritable osmose entre la plénitude et l'élégance, du très grand art orchestré par Régis Camus comme d'ailleurs son autre cuvée Rare 1999 de Piper-Heidsieck. À ses côtés, la cuvée des Caudalies d'Erick de Sousa confirme son très haut niveau qualitatif, par un fruité d'une finesse exceptionnelle et une longueur en bouche qui l'est tout autant, la cuvée D de Devaux, la seule coopérative à être classée en Premiers Grands Vins, une bouteille délicatement savoureuse, très complexe au nez, un grand Champagne de table. Il en est de même pour cette extravagante cuvée O.R 1735 de De Telmont, bouchée à la ficelle et vinifiée à l'ancienne, qui s'adapte également avec les mets les plus subtils (ris de veau ou quenelles de brochet). Gosset n'est pas en reste avec -entre autres- cette sensuelle cuvée Extra Pure, un formidable gouffre de fraîcheur aromatique, tandis que le Clos des Goisses 2000 de Charles Philipponnnat dégage toute sa puissance sur une cuisine épicée, ou que Pol-Roger, avec sa grandissime cuvée Winston Churchill 1998, dont les nuances d'abricot sec et de brioche sont exacerbées, en font un vin de prédilection sur du caviar. Roederer et Alain Thiénot (sur la photo) tiennent également le haut du pavé (leurs "bruts" de base étant également remarquables), avec, respectivement, Cristal, certainement la plus distinguée des cuvées champenoises, et la Grande Cuvée 1996, d'une incroyable fraîcheur, à servir sur un gibier d'eau. Vous pouvez y ajouter la cuvée Spéciale Millésime 1999 de Pierre Peters , à déboucher sur un saumon, et le Millésimé 1998 de la maison familiale Ellner, un vin précieux, idéal sur une langouste à la broche ou un pigeonneau.

Rédégustées également, les gammes de Paul Bara, René Geoffroy, Pierre Arnould, Canard-Duchêne et De Venoge, qui méritent, chacun ayant sa spécificité, leur place dans le Classement. Il est à noter que ces maisons sont également des références pour leur cuvées "simples", très abordables, et que cela mérite bien un coup de chapeau.

5/. Vous pouvez être également largement en confiance avec les maisons qui figurent dans les 1 à 4 premiers "crans" de la hiérarchie des Deuxièmes Grands Vins, d'autant plus que l'on entre dans une catégorie où le rapport qualité-prix-typicité est réellement exceptionnel et largement mérité. Des exemples : Bonnaire, Bourdaire-Gallois, Guy Cadel, Gaston Chiquet, André Delaunois, Gonet-Sulcova, Laurent-Gabriel, Leclerc-Briant, Legras et Haas, Lénique, Lombard, De Lozey, Charles Mignon, Pierre Mignon, Perseval-Farge, Prin, Ralle, René Rutat, Maurice Vesselle... Il y en a d'autres que je vous laisse découvrir (et choisir). Ce sont des hommes et des femmes passionnés qui démontrent, avec talent, que le Champagne est un grand vin à part entière, marqué par des terroirs auxquels s'associent une magie de l'assemblage que chaque producteur sait manier, ce qui explique que chaque bouteille devienne alors unique. On est loin des pubs d'autrefois qui ne nous "vendaient" que des bulles de fête.Vous pouvez faire également confiance à des caves de plus en plus concernées par la typicité de leurs terroirs, comme Vincent d'Astrée, De Castelnau ou Clérambault. Je vous laisse lire tout cela, les hiérarchies parlent d'elles-mêmes.

Un vrai Champagne doit avoir son identité, ne pas ressembler à celui du voisin. Evitez donc les marques standardisées qui ne sont qu'un nom sur l'étiquette, dont on ne connait pas l'origine et qui vont envahir les grandes surfaces.

Ne vous faits pas avoir par un nom ronflant ou un prix alléchant : vous ferez d'aussi bonnes affaires en vous adressant directement aux bons producteurs, prenez votre téléphone, envoyez-leur un mail (pour les adresses, c'est ICI et : le Champagne est un vrai vin, complexe et beaucoup plus difficile à élaborer qu'on ne le suppose, et mérite que l'on découvre celui qui est derrière l'étiquette, le vigneron ou le maître de caves. Sinon, on ne boit qu'un truc qui mousse...

 

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