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QUELS PLATS AVEC LES MEILLEURS PESSAC-LEOGNAN ?

231.jpgPessac-Léognan (Rouge)

 

Pessac-Léognan (Blanc sec)

LES VINS DE L'ANNEE


Domaine de CHEVALIER

À la tête des Premiers Grands Vins Classés, en blanc comme en rouge, ce qui n'est pas si courant, d'autant plus qu'il est indéniable que les prix sont largement justifiés pour un tel niveau de qualité. Olivier Bernard est mon ami depuis qu'il a repris Chevalier, un Domaine que j'appréciais déjà depuis un bon bout de temps. Il s'est passionné pour ce terroir, regardant, réfléchissant et agissant. Aujourd'hui, il peut être vraiment fier de cette belle entité, où -ce n'est pas si courant- le rouge est aussi grand que le blanc ! En attendant les 2010 et 2009, splendides, la trilogie 2008, 2007 et 2006 est exceptionnelle. "Notre philosophie s'affine avec le temps, me précise-t-il. Domaine de Chevalier est en recherche perpétuelle, toujours sur le chemin de la perfection. Nous sommes en train de retrouver des valeurs que l'on avait peut-être perdues. Nous vivons plus proche de la nature pour anticiper, travailler, soigner, accompagner le millésime. Le Domaine de Chevalier, c'est 40 ha de vieilles vignes qui participent au Grand Vin (35 de rouges et 5 de blancs). Nous venons de planter une douzaine d'hectares qui entreront dans le grand vin dans 20 ans, nous oeuvrons toujours pour l'avenir. Depuis 25 ans que je m'occupe du Domaine de Chevalier, j'ai procédé étape par étape, le vignoble a été replanté et, aujourd'hui, nous sommes arrivés à une maturité certaine qui s'exprime réellement dans nos Vins. Depuis le début des années 2000, le vignoble est en train de restituer ce qu'on lui a donné et les derniers millésimes sont d'un niveau qualitatif rarement atteint ici. C'est vers une voie axée profondément sur la nature que j'ai décidé de me diriger les dix prochaines années, en privilégiant la diversité. On commence d'ailleurs déjà à le remarquer dans nosVins, avec cette expression aromatique bien différente que celle que l'on connaît habituellement. Le cépage s'efface, est en retrait par rapport à la terre qui s'exprime. Le terroir, c'est bien sûr ce qui a fait la notoriété de Chevalier mais nous devons sublimer la terre. Le mot terroir est presque devenu un mot galvaudé aujourd'hui, il faut plutôt parler de la plante qui va puiser sur plusieurs mètres en profondeur des richesses incroyables et apporter une expression absolument unique. Un grand vin, c'est la somme de tout cela : si l'on a bien respecté la terre, si l'on a fait des choix naturels, à commencer par le respect total du fruit, on le retrouve dans la bouteille. On pourrait comparer le terroir à un orchestre avec des centaines de musiciens : si on sait bien le mener, il donne des résultats époustouflants, à savoir une grande diversité et de la complexité dans les Vins. Si cette diversité de terres est bien respectée, elle va sublimer les différences. Je combats l'uniformité, souvent apportée par l'homme, tandis que la diversité est l'expression par la terre. L'observation est l'une des clés de la révélation de la terre. Mon éthique, c'est que l'homme s'efface pour que la terre puisse exprimer cette diversité. Il faut être très impliqué pour vraiment ressentir la nature et lui donner le "premier rôle". J'insuffle cette façon d'être à l'écoute de lanature, des vignes, et mon équipe est très concernée, le moindre détail compte, nous travaillons avec beaucoup de bon sens. Je suis très vigilant, le passé nous apporte le recul nécessaire mais nous y ajoutons les connaissances nouvelles. En 2011, nous avons connu des conditions climatiques particulières avec un printemps chaud et sec, un été frais et ensuite, heureusement, un très bel automne. Le 2011 est une année de vigneron, nous avons bien observé la nature, sa réaction aux conditions climatiques afin de prendre les bonnes décisions au bon moment. Il a vraiment fallu s'adapter à la vigne mais c'est notre métier après tout ! Nous avons un outil de travail exceptionnel à Chevalier avec une table à tri optique, ce qui nous permet de travailler en "haute définition". Ce 2011 est un joli vin qui me fait penser aux 2001 et 2006, des Vins assez classiques, très beaux. Il promet des Vins élégants,souples avec de belles couleurs intenses, au fruité très agréable et de jolis tanins. Il a bénéficié de la même vinification avec un grand respect du fruit avant tout. J'ai laissé la matière s'exprimer sans vouloir copier un autre millésime, il ne fallait pas faire cette erreur. Cela donne un vin très agréable, très réussi, d'une grande élégance, qui présente une belle complexité. Le blanc 2011 est particulièrement réussi. La petite exploitation Château Lespault Martillac, reprise en 2009 et qui se situe à côté de La Solitude, confirme bien son terroir d'exception. Les Vins sont délicieux dans les trois millésimes 2009, 2010 et 2011, en blanc comme en rouge. Nous avons une forte proportion de Merlot (2/3), ce qui apporte cette touche veloutée, le vin est souple, charmeur, très complémentaire de Domaine de Chevalier. Et puis, au Domaine de la Solitude (voir ce cru), nous ouvrons au printemps, dans les très beaux corps de bâtiments en pierre apparente, une table d'hôtes "Le déjeuner du maître de chais", tous les vendredis midi (Tél. 05 56 72 74 74) avec une formule à 39 € Vins et café compris !" Un très grand Pessac-Léognan rouge 2010, l'une des plus belles réussites de toute la région dans ce millésime, à la fois intense, puissant et très velouté, ample et riche au nez comme en bouche, aux arômes envoûtants de mûre fraîche et de champignons, de lente évolution. Superbe 2009, volumineux, d'une belle matière en bouche, aux notes de cuir et de cassis, qui allie distinction et richesse, un grand vin très savoureux, puissant, gourmand, encore fermé, naturellement. "Domaine de Chevalier 2009 est plutôt féminin, me dit Olivier Bernard, souple, facile d'accès, plus charmeur cela se constate avec les rouges comme avec les blancs. Domaine de Chevalier 2010 est plutôt masculin avec des tanins plus puissants que 2009, de l'acidité, une belle fraîcheur. Le 2009 est un millésime plus solaire comme 2000 ou 2005, alors que 2010 est plus classique. Je suis très heureux de cette vraie réussite à Chevalier : ce 2010 est un vin d'un beau classicisme sans tomber dans l'austérité. Il faut rappeler qu'en 2010, nous avons profité d'une arrière saison très chaude, ce qui permis une parfaite maturité des raisins. Nous avons vendangé jusqu'au 28 octobre ! En plus, la maturité a été très longue et c'est sans doute le secret de la réussite de ce millésime à Bordeaux. La fleur a été précoce, le cycle s'est déroulé à son rythme jusqu'à ce très bel été indien. Cela donne un Domaine de Chevalier rouge 2010 exceptionnel avec des tanins d'une rare élégance. On retrouve des arômes typiques de Chevalier, des notes balsamiques, de sous-bois, un fruité intense (cassis, groseille), une très grande fraîcheur, une très grande élégance, un vin très puissant aux indices tanniques étonnants. Le 2010 est un millésime de très grande garde, le 2009 sera agréable à déguster avant." Exceptionnel 2008, de couleur pourpre profond, qui développe un nez intense et complexe dominé par les fruitsrouges cuits, un beau vin de belle matière, très équilibré, avec des tanins riches et savoureux à la fois, encore fermé, naturellement, de garde. Le 2007, de très belle robe, développe au nez des senteurs délicates de petits fruits rouges mûrs et d'humus, est de bouche charnue, un vin délicat et généreux, bien épicé. Le 2006 est dans la lignée, possédant sa propre spécificité, bien sûr, très élégant, soyeux, d'une diversité et complexité d'arômes intenses, dominées par la griotte et la framboise mûre, un vin où le terroir s'exprime parfaitement aussi avec cette pointe balsamique très réussie, d'une belle longueur en finale. Exceptionnel 2005, séducteur, puissant, ample, avec des tanins riches et veloutés à la fois, aux connotations de mûre et de cannelle au nezcharnu comme on les aime, avec beaucoup de structure, tout en bouche, marqué par les fruits compotés légèrement épicés (griotte, cassis...) et de réglisse, d'évolution lente. Le 2004, d'un rouge très foncé, puissant, d'une grande complexité, aux tanins trèssoyeux, est un vin où tout est merveilleusement fondu, dont l'équilibre est vraiment parfait, extrêmement typé Graves Pessac-Léognan avec des notes de fumé, des senteurs très complexes. Remarquable 2003, typé Cabernet-Sauvignon, très doux car les Cabernets étaient très mûrs, aux senteurs persistantes et subtiles de petits fruits rouges mûrs à noyau, très structuré, avec des tanins amples, un vin tout en distinction, d'excellente évolution. Superbe Pessac-Léognan blanc 2010, aux senteurs de lis et d'agrumes mûrs, vraiment charmeur, de bouche ample et finement parfumée, un vin complexe, très prometteur. Le 2009 mêle finesse et structure, une belle rondeur et un bouquet aux connotations de narcisse, de musc et de pamplemousse, d'une richesse aromatique et persistance, de bouche riche, longue, ample. Le 2008 est très racé, marqué par le Sauvignon et son terroir qui lui transmet des notes minérales, tout en finesse aromatique, associant nervosité et gras, au nez envoûtant et persistant, dominé par des notes de petites fleurs blanches et de poire. Le 2007 est formidable, vraiment exceptionnel avec une attaque puissante, le Sauvignon (85%) explose en bouche, le vin est très volumineux, complexe, ample et soutenu par une fraîcheur exceptionnelle, avec une longueur très puissante, certainement l'un des plus beaux Vins blancs de toute la région. Le 2006, une très belle réussite, est riche et distingué, aux nuances de pamplemousse et d'amande grillée, alliant finesse et persistance, un vin gras et nerveux à la fois, dense et complexe au nez comme en bouche, d'une grande ampleur, suave. Le 2005 est d'un bel or pâle brillant, très équilibré, d'une fraîcheur persistante, un vin classique qui développe un nez puissant d'agrumes mûrs, au boisé bien fondu, dominé par une puissance aromatique tenace, de bouche intense où l'on retrouve l'acacia et les agrumes. Le 2004 est splendide, au nez subtil (acacia, noisette), tout en distinction et persistance en bouche, avec cette fraîcheur caractéristique, un millésime parfait, d'un bel équilibre, les Vins blancs n'aimant pas les millésimes trop chauds. Pas la moindre hésitation.

Olivier Bernard

 

Domaine de GRANDMAISON

Un domaine de 19 ha issu d'un terroir exceptionnel de graves siliceuses et d'argiles graveleuses parsemées de moellons calcaires (65% Sauvignon, 15% Sauvignon gris et 20% Sémillon pour les vinsblancs; 60% Merlot, 30% Cabernet-Sauvignon et 10% Cabernet franc pour les vins rouges). Vendanges manuelles, élevage du blanc 30% en barriques neuves pendant 6 mois sur lies fines et 70% en cuves sur lies également ; le rouge : vin de goutte 80% de la récolte en barriques pendant 12 mois et vin de presse 20%. Le vin produit sur le domaine se caractérise par une expression minérale autant en rouge qu'en blanc reflétant le type de sol argilo-calcaire. "Le 2011 est une année où le terroir a eu toute son importance, nous explique François Bouquier. C'était une année globalement sèche où les terroirsfrais ont été privilégiés. La précocité du développement de la vigne s'est confirmée tout au long du cycle. Un cycle végétatif qui s'est déroulé sans stress, avec peu de traitements, une très faible pressionmaladive quasi nulle au mildiou et une vigilance normale pour l'oïdium. Les vendanges ont débuté le 29 août pour finir le 20 septembre par les Cabernets-Sauvignons. Les rendements de 48 hl/ha pour lesblancs et 45 hl/ha pour les rouges sont en dessous de 3 à 4 hl/ha en moyenne, ce qui est de l'ordre du raisonnable. Un bémol peut-être, la vendange sous de fortes chaleurs risque de fragiliser les vins par des phénomènes d'enzime oxydase. Restons prudents et laissons le temps faire son travail. Les vinsblancs sont très réussis, très aromatiques avec de belles structures, à la hauteur des 2010, avec peut-être moins d'opulence et de mâche. Les rouges seraient plus proches des 2006 et 2008 par l'équilibre et la puissance, mais pas du niveau des 2009 et 2010. Beaucoup de satisfactions donc à attendre de ce millésime 2011". Belle valeur sûre avec ce Pessac-Léognan rouge 2010, riche en couleur, dense, où se mêlent la griotte et l'humus, un vin charnu, charpenté, de garde. Savoureux 2009, aux notes de fruitsmacérés et d'épices, gras, aux tanins très équilibrés, au charnu caractéristique, bien en bouche, de belle évolution. Le 2008, de couleur profonde, structuré, ample, avec des tanins riches et qui se fondent bien, des arômes de fruits bien mûrs (cassis, griotte...), tout en finale, prometteur également. Le 2007, de couleur grenat aux reflets violine, il est tout en bouche, avec beaucoup de structure, bien équilibré, aunez de cerise et d'humus, de charpente très élégante. Le 2006, dense, où se mêlent la griotte, la groseille et l'humus, aux tanins soyeux, est bien charnu, ample et structuré, de garde. Le 2005, alliant une finesse tannique à une rondeur en bouche persistante, est chaleureux, de très bonne évolution. Beau Pessac-Léognan blanc 2010, rond, à dominante de fleurs blanches et de petits fruits secs, puissant mais très fin, un vin tout en finale. Le 2009, avec ces arômes de fruits frais, de grillé et defleurs, mêle nervosité et gras au palais, un vin toute en nuances et distinction. Le 2008, avec des senteurs de noisette et de chèvrefeuille, est ferme et suave, tout en harmonie, vraiment très agréable. Excellent 2007, avec cette touche d'acidité alliée à une rondeur agréable, où s'entremêlent des notes d'amande, de fruits mûrs et de bruyère, de bouche puissante. Pas la moindre hésitation non plus.

Jean et François Bouquier

 

Château HAUT-LAGRANGE

Très bien classé. Une propriété créée par Francis Boutemy en 1989, sur un terroir mentionné en 1763 sur la carte de Belleyme. Le sol est travaillé très classiquement, avec un enherbage partiel, densité 7 700 pieds/ha, la production est volontairement ramenée, selon les années, de moins de 10 à 20% en dessous des rendements autorisés. Le Pessac-Léognan rouge 2009 (45 % Merlot, 55% Cabernet-Sauvignon, dont 1/3 de la récolte est élevée 12 mois 30% en barriques neuves, le reste en cuves, durée totale de l'élevage 20 mois), dégage un bouquet très développé avec des nuances épicées, un vin complet, de très jolie bouche où se mêlent la mûre et le cassis, ample et solide. Excellent 2008, avec des arômes de fruits rouges et de fumé, un vin complexe et charnu, aux taninsstructurés et bien soyeux, de très bonne évolution. Le 2007 est riche en couleur, sent bon la prune, laframboise mûre et les sous-bois, de bouche puissante et parfumée, et commence à très bien s'apprécier. Beau 2006, avec ce nez d'épices et de fruits rouges à noyau très mûrs, bien charpenté, parfumé, de très bonne évolution. Le Pessac-Léognan blanc 2009 (Sauvignon et Sémillon à parts égales), avec cebouquet d'agrumes frais, d'un bel or pâle brillant, est d'une belle fraîcheur persistante, un vin classique, tout en bouche. Le 2008 allie structure et vivacité, un vin d'une jolie complexité aromatique où l'on retrouve des nuances de pomme, de tilleul et de citron. Pourquoi s'en priver ?

Francis Boutemy

89, avenue de La Brède
33850 Léognan
Tél. : 05 56 64 09 93
Fax : 05 56 64 10 08
Email : contact@hautlagrange.com
www.hautlagrange.com

Voir son classement dans le Guide des Vins
Accorder ce vin avec le plat idéal dans IdéeVins 

 
 

Château MALARTIC-LAGRAVIÈRE

En 1803, le Domaine appartenait à la famille du Comte de Maurès de Malartic, grand serviteur du Roi de France qui guerroyait contre les anglais au Québec et dans l'Océan Indien. Aujourd'hui, Alfred-Alexandre Bonnie fête ses 15 ans, et l'on pratique ici la "haute couture du vin" : terroir, cépages, clonesporte-greffe... tout est analysé dans les moindres détails pour mettre la technologie au service de la tradition, notamment en manipulant le moins possible le raisin. L'atout majeur du Château Malartic Lagravière est son terroir situé sur une terrasse profondément entaillée par le ruisseau de l'Eau Blanche, un terroirparticulièrement réputé, une superbe croupe bien exposée composée d'îlots graveleux datant de l'ère du Quaternaire, le nom même du vin évoquant déjà le sol chargé de belles graves. C'est en 1997, qu'Alfred-Alexandre Bonnie, homme d'affaires belge et son épouse Michèle, rachètent ce Grand Cruclassé et se lancent dans un ambitieux projet de rénovation. Le résultat est remarquable : château, parc, vignoble, modernisation du chai, cuvier octogonal qui abrite de nombreuses petites cuves correspondant à chaque parcelle qui reçoit une vinification très personnalisée, superbe chai à barriques de chêne renouvelées régulièrement chez les meilleurs tonneliers... Aujourd'hui, le vignoble représente 46 ha de rouge (MerlotCabernet-SauvignonCabernet franc et Petit Verdot) et 7 ha de blanc (dominance duSauvignon, 20% de Sémillon) et l'âge moyen des vignes est de 30 ans. Il est sous la houlette du fils d'Alfred-Alexandre Bonnie, Jean-Jacques, et de son épouse, Séverine. Ici, chaque cep de vigne, chaque parcelle, font l'objet d'analyses, de prélèvements pour répondre à une recherche de qualité optimale. LeSecond Vin s'appelle la Réserve de Malartic (anciennement appelé le Sillag€), en rouge et en blanc. "L'enracinement en profondeur, précise Jean-Jacques Bonnie, oblige la plante à puiser ses ressources profondément dans un sous-sol particulièrement intéressant par sa diversité géologique qui confère auxvins de complexes saveurs. Cela évite à la plante de trop souffrir en cas de grosse chaleur ou de sécheresse, les racines trouvent de la fraîcheur en profondeur et en cas de pluie, notre terroir de gravesdevient drainant. La maturité des raisins est donc lente et progressive, un gage de qualité certain. L'ensemble du vignoble est labouré toute l'année, aucun désherbant ni insecticide ne sont utilisés et chaque pied fait l'objet de soins méticuleux. Des amendements, d'origine exclusivement organique, sont prodigués avec parcimonie afin de maintenir la vigne proche d'un état de carence savamment dosé. Notre gestion parcellaire a notamment permis de mieux cibler les protections à apporter au vignoble. Ce suivi constant à la vigne nous permet de prendre les bonnes décisions au moment opportun avec beaucoup de précision et en suivant les principes les plus récents de la lutte intégrée. Pour le millésime 2011, au printemps, nous avons connu une importante période de sécheresse à Pessac-Léognan, de fin mars à mi-juillet, la vigne a souffert, poursuit Jean-Jacques Bonnie. Ensuite, heureusement, il y a eu quelques pluies salutaires en août qui ont permis à la vigne de reprendre son cycle végétatif pour le terminer sous un chaud soleil du 25 août à la fin octobre. Nous avons soigné nos vignes et avons été patients pour ne récolter que les baies mûres. Les maturités se sont faites un peu plus lentement qu'en 2009 et 2010, où tout avait été facile. Il fallait en 2011 être très attentif au déroulement du cycle végétatif, prendre les précautions d'usage, et surtout beaucoup observer les vignes et les accompagner. Nous avons été très vigilants au moment des vendanges, en sélectionnant la parcelle mûre à point, patientant pour une autre afin d'avoir la récolte la plus homogène possible. L'accueil des raisins sur la table de tri nous a permis de ne sélectionner que le meilleur, ce qui explique nos rendements faibles. Il a fallu ensuite être délicat au début de la vinification, lors des macérations, cela en valait la peine car nous sommes agréablement surpris de constater la belle évolution du vin à l'élevage, il se révèle délicieux, dépassant nos espérances ! Le 2011 est un vin d'un très beau potentiel, très équilibré. Les 2009 et 2010 sont deux millésimes magnifiques. Le 2009 est d'une grande puissance avec une belle matière, de la rondeur, un vin qui traduit le bel été que nous avons connu. Le 2010 est plus classique avec des acidités bien présentes. Le vin a beaucoup de profondeur, de puissance, 2010 est un "monstre" ! Deux millésimes qui se valent en qualité intrinsèque, chacun avec sa spécificité : 2009 est un peu plus exotique, 2010 un peu plus classique, typiquement bordelais. Il y a de superbes potentiels tanniquesdans les deux, la différence se situe au niveau des taux d'acidité. Il y en a un peu plus dans le 2010, avec une belle longueur en bouche, quand le 2009, lui, est très charnu et rond en milieu de bouche." Beau Pessac-Léognan rouge 2009, de belle robe foncée, de bonne base tannique, riche et persistant, gras, aux notes de prune et de sous-bois, d'excellente évolution. Le 2008, intense en couleur comme en arômes, fleure bon les fruits mûrs et les épices, un vin aux tanins bien fermes et soyeux à la fois, auquel il faut laisser du temps pour s'exprimer. Très savoureux 2007, très structuré, puissant, aux arômes subtils de petits fruits rouges mûrs à noyau, avec des tanins soyeux, un vin tout en distinction. Beau 2006, dégageant une rondeur en bouche persistante, ample et parfumé, légèrement épicé, d'une très jolie finale avec ces notes de fumé et de petits fruits noirs surmûris. La Réserve de Malartic Le Sillage rouge 2009 est très réussi, tout en couleur et en matière, aux senteurs de groseille et d'épices, de bouche riche, un vin complexe, charnu et souple à la fois, de très bonne évolution. Remarquable Pessac-Léognan blanc 2009, riche au nez, d'une grande complexité aromatique où l'on retrouve des nuances de noix, de citron et de pomme, qui dégage une bouche puissante et une longue finale. Beau 2008, aux arômes flatteurs d'agrumes, de tilleul, de genêt et de miel, est de bouche ample, florale, de jolie teinte, tout en fruité et distinction, avec cette finale poivrée très élégante, toujours l'un des meilleurs de l'appellation. Le 2007 est un vin aux notes finement fruitées, où dominent les agrumes et les petitsfruits secs, tout en persistance aromatique. Même propriétaire que le Château Gazin-Rocquencourt. Aucune hésitation.

Alfred-Alexandre Bonnie

 
 

Château SEGUIN

Un domaine de 31 ha, sous lutte raisonnée (50% Cabernet-Sauvignon et 50% Merlot, exposés est-ouest. Les vignes sont réparties sur deux grandes parcelles, dont une située sur un très beau terroir sur la commune de Canéjan, les vignes les plus anciennes sont plantées sur la plus haute croupe très graveleuse, puisqu'on trouve de la grave sur 8 m de profondeur. "Ma volonté était de produire des vinsde grande qualité, raconte Moïse Ohana, président du groupe immobilier Foncière Loticis qui a investi dans Château Seguin en 1999. Seguin compte 31 ha (50% Cabernet-Sauvignon et 50% Merlot) exposés est-ouest. Nous avons énormément investi dans l'outil de travail, en nous équipant d'installations très performantes, nous venons de terminer un chai à barriques de 800 m2 semi-enterré, adossé au cuvier, récent lui aussi. Nous récoltons tous les raisins en cagettes avec un premier tri à la vigne, puis les cagettes sont rangées et ramenées à plat, nous ne laissons surtout pas "traîner" le raisin. Il y a un grand système de tri manuel, éraflage, table vibrante, les grains tombent dans un cuvon, puis dans la cuve. Il y a un fouloir à l'intérieur de la cuve qui permet de préserver tous les arômes. Notrevinification s'effectue bien sûr en cuves inox thermorégulées puis le vin vieillit dans le chai à barriques. Nous préférons avoir un échantillonnage de barriques venant de plusieurs fournisseurs avec différentes essences de bois." "Le terroir comprend plusieurs types de terroirs et c'est ce qui en fait la richesse, précise David Pernet. La majorité est composé de graves filtrantes, nous avons aussi une veine argileuse qui donne à certaines cuves des trames tanniques plus présentes. Ce qui fait la typicité du vin de Château Seguin ce sont les variantes aromatiques qui vont du fumé au résiné, en tant qu'oenologue, je ne retrouve pas cette note aromatique sur d'autres crus, c'est donc vraiment issu du terroir et c'est ce qui permet de le reconnaître en dégustation "à l'aveugle". Ma vinification est très précise, nous faisons un découpage parcellaire très précis, une vraie mosaïque au moment des vendanges. C'est difficile à gérer, mais notre équipe de vendangeurs a bien compris l'incidence que cela avait dans le vin. Notre but est de valoriser au maximum la vendange, le fruit. Nous obtenons ainsi un enrobage précoce de la structure tannique. Je privilégie donc la vinification des baies entières avec pigeages ce qui nous donne des vins très fruités, enrobés, soyeux rapidement." "Concernant les derniers millésimes, le 2009 est un vin tout en puissance avec beaucoup de fruit, ajoute, Xavier Moragues, le maître de chai. Un millésime agréable à déguster assez rapidement mais avec néanmoins un beau potentiel de garde de 10-15 ans. C'est un vin bien typé du terroir de Seguin avec des notes mentholées, très séveuses, une touche fumé très agréable, d'une belle trame tannique, l'acidité va jouer son rôle favorable pour en faire un vin degarde. C'est un vin d'un très bel équilibre en bouche. Le 2010 est un vin très puissant, très dense, aux arômes de fruits mûrs, aux notes balsamiques, de fumé bien typiques du Pessac-Léognan et des notes séveuses propres à Seguin. Beaucoup de concentration et de volume, de persistance en bouche, d'une belle finale enveloppante. Pour le 2011, le vin est toujours en cours d'élevage. Cela a été un millésime assez délicat, à faibles rendements, nous avons commencé nos vendanges le 6 septembre pour les terminer le 10 octobre, des vendanges plus précoces mais qui se sont étalées pour obtenir de bonnes maturités. Nous avons fait un gros travail de tri en amont pour obtenir un vin tout en finesse, tout en délicatesse. En bouche, on retrouve des notes classiques du bordelais, c'est un vin très élégant, avec beaucoup de fraîcheur et de très jolis tanins." En effet, le Pessac-Léognan rouge 2010, avec des senteurs de fruits rouges mûrs (cassis) et d'épices douces (cannelle), bien charnu, d'une grande intensité, aux tanins savoureux et puissants à la fois, d'excellente évolution. Beau 2009, aux notes de griotte mûre, coloré, charnu, de bouche soyeuse, un vin aux tanins présents et savoureux, légèrement épicé en finale comme il se doit. Excellent 2008, tout en couleur et en matière, au nez concentré, riche,ferme et soyeux, avec une bouche savoureuse et persistante. Le 2007, typé, au nez délicat (cassis mûr, cuir), mêle puissance et finesse, un vin riche et bien charnu comme on les aime, d'une finale très élégante et veloutée, d'excellente évolution. Excellent Second Vin, l'Angelot de Seguin, tout en nuancesaromatiquesferme et soyeux, avec une bouche puissante et souple. Pourquoi hésiter ?

Moïse Ohana et Jean Darriet

 
 

Domaine de la SOLITUDE

Écrin de sérénité en bordure des landes girondines, le domaine abrite un couvent de religieuses depuis plus de 150 ans. L'histoire du Domaine de la Solitude remonte en effet à 1820, année où Pierre Bienvenu Noailles, prêtre du diocèse de Bordeaux acquit cette propriété pour en faire le lieu de vie de toute la Sainte Famille de Bordeaux. Ce grand humaniste voulut faire de cette maison une terred'accueil, aussi bien pour les membres de la communauté religieuse que pour les laïcs. Afin de mieux se consacrer à son activité spirituelle, l'ordre de la Sainte Famille a confié en 1993 l'exploitation du vignoble à la famille Bernard, propriétaire du Domaine de Chevalier, l'un des crus classés les plus prestigieux de l'Appellation Pessac-Léognan. Olivier Bernard a opté pour une gestion "Grand Cru" du domaine. Les vendanges sont faites à la main par tris successifs : 3 passages comme au Domaine de Chevalier. D'autre part, des investissements importants ont été réalisés : pressoir pneumatique, cuves thermo-régulées en acier inoxydable, chai à barriques... Son terroir se compose d'un sol gravelo-sableux reposant sur une couche d'argile assez compacte : il est le résultat d'alluvions apportées par la Garonne il y a de cela environ 2 millions d'années (fin de l'ère tertiaire, époque Villefranchienne). Le vignoble est composé de 7 ha de vignes blanches et 28 ha de vignes rouges. La densité de la plantation est de 6600 pieds/ha. Les vignes blanches se répartissent entre le Sauvignon 65% et le Sémillon 35%. Le vignoble rouge comporte les trois cépages classiques du bordelais, à savoir 50% de Cabernet-Sauvignon, 35% de Merlot et 15% de Cabernet franc. Les engrais sont exclusivement d'origine organique et les corrections administrées parcelle par parcelle. Savoureux Pessac-Léognan rouge 2009, aux tanins bien présents mais enrobés, un vin très équilibré, au nez intense, de très bonne bouche dense, où dominent la fraise des bois mûre et l'humus, mêlant structure et charnu. Le Pessac-Léognan blanc 2009, qui mêle richesse aromatique et persistance, dense en bouche, avec des connotations de noisette et d'abricotsec, est d'une grande persistance au palais.

Olivier Bernard

 

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