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Que faut-il vraiment savoir sur les millésimes ?

 

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Quand on aime le vin, il faut aussi aimer la diversité. Depuis trente ans, le fait de parcourir tous les vignobles pour déguster les vins m’amène à déboucher aussi bien un vin corse qu’un Châteauneuf-du-Pape, qu’un Sancerre, un Vosne-Romanée ou un Chinon, un Chablis ou un grand rosé de Provence...

 

Contrairement à d’autres, je ne bois pas uniquement des vins chers que l’on m’offre... Pour moi, un grand vin, c’est un vin authentique, qui correspond à un moment donné, à un état d’esprit. On peut prendre autant de plaisir avec un Minervois, un Alsace, un Chénas ou un Touraine qu’avec le plus beau Pomerol ou Meursault, à partir du moment où chacun est typé. Il y a des occasions, des moments pour boire chaque type de vin. On ne boit pas le même vin seul en rêvant au cosmos, qu’avec des amis, ni le même vin sur une terrine ou un plat sophistiqué. C’est la grande force de notre pays : avoir une gastronomie aussi riche que ses vins, c’est formidable ! Avec nous, l’Italie est le seul autre pays au monde à pouvoir revendiquer cela. Ce n’est pas rien.

Que faut-il vraiment savoir sur les millésimes ?

 

Depuis 15 ans, il n’y a plus de mauvais millésime, il n’y a que des millésimes plus délicats que d’autres. Les techniques ont évoluées dans le bon sens, les vigneronssavent parfaitement anticiper, gérer leur vignoble.

 
 

Néanmoins, il faut savoir expliquer la spécificité de telle ou telle année. Quand on goûte des 2002 ou 2004 en Médoc, ils sont meilleurs que le 2003 pour lequel tout le monde s’enthousiasmait ! Le 2004, par exemple est un millésime formidable qui a eu mauvais presse à l’époque de la part de critiques qui ne connaissent pas grand chose au vin. Ceux-là, je ne les vois d’ailleurs jamais dans les vignobles de la vallée du Rhône, à Madiran, à Bandol ou à Saumur... ils sont pour la plupart invités dans les grands châteaux bordelais et s’en contentent. Sympa pour les milliers de vigneronstalentueux des autres régions, non ?

 

Quand je lis de telles âneries, je me demande si ceux qui les écrivent ont jamais dégusté des millésimes plus anciens. C’est pourtant la seule garantie qui permet de relativiser, de comprendre et de se référer à une mémoire du vin. Les mêmes vont répéter ce qu’on leur a concocté dans un dossier de presse bien ficelé... Ce ne sont plus des journalistes mais des... attachés de presse ou des “hirondelles” (terme désignant un habitué des buffets de presse) ! Passons. Pour revenir à la force des millésimes, il est incontestable que le 2009 est certainement le plus beau millésime qui soit, classique, à l’inverse d’un 2005, grand, certes, mais aussi atypique à cause de la chaleur intensive. En 2009, l’acidité sera également présente, ce qui apporte cet équilibre entre la puissance et l’élégance, cette fraîcheur naturelle qui signe les vrais grands vins. Il est bien trop tôt pour en parler, et l’on sait que je ne rentre pas dans le jeu des “primeurs” (encore Bordeaux) qui va bientôt rivaliser avec le salon des devins et cartomanciennes... tant on va noter un vin qui n’existe pas encore !

 

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