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    En 2010, nos vignerons ont encore plus de talent

     

    À quoi bon faire (et acheter) un produit rouge, blanc, rosé ou mousseux “sans âme, ni vertu” ? Pourquoi déboucher un vin surmaturé, surconcentré, agrémenté outrageusement d’enzymes, de levures, dénaturé par l’osmose inverse, les concentrateurs et un élévage en bois spécialement “chauffé” pour lui créer des senteurs chimiques de vanille, de fruits de la passion ou de feu de cheminée ? Le vin, est-ce cela ? Depuis 30 ans, Patrick Dussert-Gerber pense le contraire. Il n’est pas le seul, on s’en doute. Car, en France, nous avons la chance d’avoir trois choses qui font de notre pays le vivier des plus grands vins du monde : nos terroirs, notre histoire et... le talent des hommes et des femmes. C’est ainsi : hormis quelques producteurs médiatiques, la véritable France profonde du vin recèle de ce qui manque ailleurs : l’élégance ! Du plus grand des Bordeaux, Champagne ou Bourgogne au plus modeste Cahors ou Chinon, un vin typé est celui qui sait allier la spécificité de chaque millésime à cette finesse délicieuse qui signe les vrais vins. À celle-ci, naturellement, il y a également une élégance du cœur, car tout cela va de pair. On est loin du snobisme et des modes...

    Brigitte Dussert : La qualité des millésimes, l’authenticité, les différences entre chaque vignoble, entre chaque vin, c’est bien le fond du problème, non ?

    Patrick Dussert-Gerber : en effet, un millésime 2004 qui ressemble au 2005 ou au 2006, ce n’est pas normal. C’est la nature qui est mise en avant dans le millésime. Si l’on fait des vins surboisés, surmaturés, on tue bien sûr l’élégance, mais on lisse surtout l’effet millésime, en faisant des vins dépersonnalisés, pas plus intéressant qu’une boisson chimique.

    On vendange de plus en plus mûr, ce qui est une bonne chose, mais si, en plus, on utilise des concentrateurs, ajoute des levures... et pratique un élevage abusif en barriques neuves, cela donne des vins trop lourds, trop écœurants, trop alcoolisés... alors que ce n’est pas dans l’air du temps ! Et cela n’a rien à voir avec le réchauffement climatique comme certains le prétendent...

    En fait, il faut dire la vérité sur la qualité de chaque millésime. L’explication, en partie, de l’une des facettes de la crise des vins de Bordeaux, c’est que certains grands crus ont vendu bien trop cher en primeur le 2007. Ce n’est qu’un millésime sympathique, très agréable, bon à boire rapidement, qui commence à s’ouvrir, et c’est déjà pas mal, mais il aurait dû coûter bien moins cher ques les 2005 et 2006... Il faut que le prix du millésime corresponde à la qualité du vin pour que le marché reste confiant : les acheteurs ne sont pas si idiots. En  Bourgogne, dans la Loire ou dans le Rhône, on ne vend pas un 2007 plus cher qu’un 2005, autrement dit on ne spécule pas le prix de sa bouteille au “loto” des millésimes.

    Il existe, hélas, aujourd’hui deux mondes du vin : celui, mercantile, presque virtuel, qui profite de la méconnaissance des acheteurs, notamment des pays émergents, et se sont coupés des acheteurs fidèles et traditionnels (français, belges, suisses, anglo-saxons...). Ils pratiquent la fuite en avant, faute de bases de commercialisation stables. Pour eux, il faut sans cesse trouver un nouveau marché pour caser sa marchandise...

    Brigitte Dussert : Vous parlez souvent “d’éthique du vin”...

    Patrick Dussert-Gerber : L’éthique du vin pourrait s’appeler l’éthique tout court. Je suis attaché à une éthique et aux propriétaires qui respectent le consommateur. Plus l’on s’éloigne d’une relation avec ce dernier, plus l’on se dirige dans une logique de vin aseptisé. Il faut qu’il y ait un échange, un retour avec l’acheteur. Il y a un vrai monde virtuel du vin qui s’est créé, certains ne savent même plus si leur vin est apprécié, qui le diffuse, qui le boit...

    Que l’on ne s’y trompe pas : tout est lié. Soit vous êtes un vigneron passionné et devenez alors passionnant pour un consommateur, soit vous êtes un producteur imbu de lui-même et personne n’a envie de “boire un canon” avec vous. Dans le premier cas, vous croyez en la Nature, en votre terroir, en votre histoire et vous mettez à leur disposition les progrès œnologiques. Dans l’autre cas, vous lissez les millésimes, faites du vin comme on ferait du soda, une cuvée pour les femmes, une autre pour les jeunes, une autre pour les chinois, etc...

    Et tout s’enchaîne : si vous êtes en contact avec celui qui boit votre vin, il est aisé de lui expliquer que, par exemple, le 2007 est meilleur à boire aujourd’hui qu’un 2005, loin d’être prêt. Il ne s’agit pas de dire que l’un est meilleur que l’autre, cela ne veut rien dire. Tous les vins sont bons dans le temps, chaque millésime a son potentiel d’évolution. Vous retrouvez cela dans ma Vintage Code.

    Ceux qui partagent la même éthique que moi, vous les retrouvez dans Millésimes et dans mon Guide, je connais leur courage et leur détermination en sachant que ce n’est pas toujours facile pour eux. Ils sont plus discrets, plus humbles devant la nature mais, croyez-moi, ils vendent tout aussi bien que ceux qui pourraient poser en se prenant pour des stars dans un magazine people...

    Moi, j’aime les vignerons qui se retroussent les manches, font des salons, accueillent à la propriété et dialoguent avec leurs clients. On l’a bien vu avec la crise : les producteurs qui informent et ménagent leur clientèle n’ont pas été touchés, et c’est bien normal. Autre exemple : un vigneron digne de ce nom qui parcoure ses vignes en bottes sait très bien qu’il ne faut pas mettre trop de pesticide, connaît la culture raisonnée et raisonnable, cela fait une vingtaine d’années qu’il en a pris conscience. Ce n’est pas parce que le bio est à la mode, il le faisait naturellement auparavant, mais n’en parlait pas.

    Brigitte Dussert : Franchement, il y a de bons vins partout en France ?

    Patrick Dussert-Gerber : Evidemment, et à tous les prix. Quand on aime le vin, il faut aussi aimer la diversité. Depuis trente ans, le fait de parcourir tous les vignobles pour déguster les vins m’amène à déboucher aussi bien un vin corse qu’un Châteauneuf-du-Pape, qu’un Sancerre, un Vosne-Romanée ou un Chinon, un Chablis ou un grand rosé de Provence... Contrairement à d’autres, je ne bois pas uniquement des vins chers que l’on m’offre... Pour moi, un grand vin, c’est un vin authentique, qui correspond à un moment donné, à un état d’esprit. On peut prendre autant de plaisir avec un Minervois, un Alsace, un  Chénas ou un Touraine qu’avec le plus beau Pomerol ou Meursault, à partir du moment où chacun est typé. Il y a des occasions, des moments pour boire chaque type de vin. On ne boit pas le même vin seul en rêvant au cosmos, qu’avec des amis, ni le même vin sur une terrine ou un plat sophistiqué.C’est la grande force de notre pays : avoir une gastronomie aussi riche que ses vins, c’est formidable ! Avec nous, l’Italie est le seul autre pays au monde à pouvoir revendiquer cela. Ce n’est pas rien.

    Brigitte Dussert : Que faut-il vraiment savoir sur les millésimes ?

    Patrick Dussert-Gerber : Depuis 15 ans, il n’y a plus de mauvais millésime, il n’y a que des millésimes plus délicats que d’autres. Les techniques ont évoluées dans le bon sens, les vignerons savent parfaitement anticiper, gérer leur vignoble.

    Néanmoins, il faut savoir expliquer la spécificité de telle ou telle année. Quand on goûte des 2002 ou 2004 en Médoc, ils sont meilleurs que le 2003 pour lequel tout le monde s’enthousiasmait ! Le 2004, par exemple est un millésime formidable qui a eu mauvais presse à l’époque de la part de critiques qui ne connaissent pas grand chose au vin. Ceux-là, je ne les vois d’ailleurs jamais dans les vignobles de la vallée du Rhône, à Madiran, à Bandol ou à Saumur... ils sont pour la plupart invités dans les grands châteaux bordelais et s’en contentent. Sympa pour les milliers de vignerons talentueux des autres régions, non ?

    Quand je lis de telles âneries, je me demande si ceux qui les écrivent ont jamais dégusté des millésimes plus anciens. C’est pourtant la seule garantie qui permet de relativiser, de comprendre et de se référer à une mémoire du vin. Les mêmes vont répéter ce qu’on leur a concocté dans un dossier de presse bien ficelé... Ce ne sont plus des journalistes mais des... attachés de presse ou des “hirondelles” (terme désignant un habitué des buffets de presse) !

    Passons. Pour revenir à la force des millésimes, il est incontestable que le 2009 est certainement le plus beau millésime qui soit, classique, à l’inverse d’un 2005, grand, certes, mais aussi atypique à cause de la chaleur intensive. En 2009, l’acidité sera également présente, ce qui apporte cet équilibre entre la puissance et l’élégance, cette fraîcheur naturelle qui signe les vrais grands vins. Il est bien trop tôt pour en parler, et l’on sait que je ne rentre pas dans le jeu des “primeurs” (encore Bordeaux) qui va bientôt rivaliser avec le salon des devins et cartomanciennes... tant on va noter un vin qui n’existe pas encore !

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    Brigitte Dussert : Faisons un tour de France, pour développer la spécificité de chaque millésime, selon les régions... L’Alsace ?

    Patrick Dussert-Gerber : En Alsace, le millésime 2008 est nettement plus réussi que le 2007, particulièrement difficile (il y a de rares exceptions), les 2006, 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2006, 2004, 2001, 2000, 97 ou 89). Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins trop souples, avec trop de sucrosité, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Un Riesling, un vrai, doit être sec et vif.

    Brigitte Dussert : Je sais que vous êtes fidèle à la région beaujolaise...

    Patrick Dussert-Gerber : C’est vrai que je n’apprécie pas que des “confrères” parisiens ou étrangers médisent sur la région sans n’y rien connaître. Notre rôle n’est pas d’enfoncer une appellation ou un vigneron pour se faire mousser dans un salon ou lors d’un dîner. Nous avons -surtout- un rôle de prescripteur, dans le sens noble du terme grec.

    En Beaujolais, pour les crus, le 2008 est prometteur, le 2007 a été très difficile à maîtriser, le 2006 est excellent, le 2005 très typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant.

    La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation. On se doute qu’un Saint-Amour ne doit pas ressembler à un Morgon, et c’est très bien ainsi.

    Brigitte Dussert : Venons-en aux vignobles de Bordeaux..

    Patrick Dussert-Gerber : J’adore les vins du bordelais, c’est certainement la raison pour laquelle je suis si déçu quand je débouche désormais des bouteilles qui feraient honte à ceux qui m’ont appris le vin : Émile Peynaud ou Jacques de Loustaunau de Guilhem, grandissimes œnologues. Et puis, je n’oublie pas les vraies figures bordelaises qui manquent tant à la région...

    Globalement, les meilleurs à boire actuellement : 2007, 2006, 2004, 2002 et 2001. Ceux qu’il faut attendre : 2008, 2005. Le plus décevant : 2003. Si l’on entre dans le détail, il y a bien sûr une différence entre les vins de la rive droite (ceux du Libournais) et ceux de la rive gauche (Médoc et Graves). On retrouve des “paires” de millésimes où la qualité est inversée : le 1995 est bien meilleur que le 1996 à Saint-Emilion et c’est le 1996 qui prime en Médoc. Il y en a d’autres.

    - Dans le Médoc, Misez sur les 2007, 2006, 2004 et 2002 (supérieur au 2003), voire 2001, très classiques, et faites-vous plaisir avec les 1999, 1997, 1996 ou 1990. La priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour les 2007 et 2005.

    Pomerol. Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2007, 2006, 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002,  peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000 parvient à maturité. Plus anciens, les grands font la différence, comme le 1995, voire le 1990.

    -  À Saint-Émilion, le 2007 est très classique et charmeur. Beaux millésimes 2008 (un ton en-dessous), 2006, 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2005 et 2003. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”. Débouchez les millésimes 2000 à 1990 en ce moment, et notamment le grandissime 1995. Certaines bouteilles de 1994 et 1993, notamment, sont surprenantes d’évolution.

    Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas justifiés. Certains se flattant ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix.

    Brigitte Dussert : Vous habitez dans le vignoble des Graves, que vous connaissez comme votre poche...

    Patrick Dussert-Gerber : Depuis trente ans, j'ai suivi, en effet, les achats, les extensions, les frimes, les camions déversant des galets, admiré, cotoyé et sympathisé avec des "figures" exceptionnelles : Patrick Ricard à Chevalier, dont Olivier Bernard a suivi les traces avec talent, Jean Sanders à Haut-Bailly (on avait le même club d'aviation, à La Réole), Antony Perrin (Carbonnieux, "pied-noir" comme moi, ce qui nous a toujours rapproché), la famille Marly (anciennement Malartic-Lagravière), Gérard Gribelin (Fieuzal, parti se faire plaisir au Maroc), François Lévêque (Chantegrive), Jean-Bernard Delmas (Haut-Brion, aujourd'hui à Montrose, son fils, Jean-Philippe, ayant repris sa suite à Haut-Brion)..., constaté avec rage -ou ironie- des plantations de vignes dans des territoires sans intérêt, où le maïs pousserait aussi bien (je connais, il en pousse, chez moi).

    Du plus grand vin au plus abordable, on savoure donc, du nord au sud de cette entité des Graves, une variété importante de styles de vins. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des millésimes 2008 à 2001, confirment mon Classement, les valeurs sûres, où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à certains prix néanmoins, et à une concentration outrancière chez certains, au détriment de la typicité, notamment dans le millésime 2005, pour les rouges, où l’on peut tomber sur une véritable “confiture” au détriment de l’élégance. Les blancs 2008, 2006, 2005, 2004, 2001, 2000, 1998 ou 1997 sont excellents. Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et typés, si l’on frappe à la bonne porte.

    Brigitte Dussert : Et les appellations des Côtes ou Bordeaux Supérieur, pour lesquels vous avez tenu à créer des Classements, pour récompenser les efforts des hommes ?

    Patrick Dussert-Gerber : Dans ces appellations de Côtes, on peut acheter les millésimes 2008 à 2000, avec l’opportunité des excellents 2006 et 2004, même s’il y a de tout, de grands vins racés et d’autres cuvées issues de vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un véritable terroir en avant. Les meilleurs vins se trouvent à Bourg et à Blaye, et les rares valeurs sûres des Premières Côtes sont incontournables. Castillon fait souvent des vins plus “modernes”.

    En Bordeaux Supérieur, les dégustations des millésimes 2008 à 2000 confirment l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si, comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 2001,  2000, ou 1996, excellents actuellement.

    Brigitte Dussert : Et Sauternes, votre pêché mignon ?

    Patrick Dussert-Gerber : J’avoue un faible, en effet, pour les vins liquoreux. Mais je me fais autant plaisir, sans jamais les comparer, avec un Bonnezeaux, un Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles ou un Vin de Paille. À Sauternes, il y a des styles de vins qui me séduisent plus que d’autres. Je privilégie la finesse au côté sirupeux, préfère la fraîcheur à la liqueur.

    Ici, le millésime 2007 est formidable, dans la lignée du 2001. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où le plaisir est bien rare), comme les 1999 ou 1998 sont de toute beauté. Les 2006, 2005 et 2003 sont réussis, les 2005 et 2003 certainement moins typés, et le 2004 particulièrement savoureux et classique. Les plus grandes bouteilles à leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 1996, 1995 ou 1989, où l’on atteint le grand art. L’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa prolifération.

    Brigitte Dussert : La Bourgogne vous est aussi très chère, non ?

    Patrick Dussert-Gerber : C’est, depuis mes débuts, la région où j’ai le plus de plaisir à séjourner. J’aime la grande simplicité des Bourguignons, leur chaleur humaine et leur fidélité.

    Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes, l’inclinaison des pentes, la richesse des sous-sols en ressources minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. J’apprécie ces vignerons talentueux et passionnés, pour lesquels il n’y a nul besoin de fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien souvent justifiés, même s’ils remontent.

    La Bourgogne est un paradoxe à l’état pur, où la nature, au travers des terroirs et des microclimats, est omniprésente. Comment expliquer que l’on puisse trouver autant de différence entre un Nuits-Saint-Georges ou un Pommard, un Meursault ou un Montrachet, quand on sait que le cépage (Pinot noir ou Chardonnay) est unique, et que l’on ne peut pas “jouer” sur la proportion des raisins ? Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons. Globalement, les Grands Crus sont régulièrement “supérieurs” aux Premiers Crus, l’exception et le talent de l’homme confirmant la règle.

    En Bourgogne, le millésime 2007 est très réussi, très minéral, en blanc (très beaux Chablis) comme en rouge, ces derniers largement supérieurs au 2006. Les millésimes 2008, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 1999 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, dans la lignée du 2000, dans les deux couleurs, qui côtoie donc un 2003 atypique, comme le grand 2005, qui demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 1999, 1995 ou 1989, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 1999, 1997, 1989 ou 1985.

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    Brigitte Dussert : Et le Champagne ?

    Patrick Dussert-Gerber : Mon Classement est nettement remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade et d’autres qui font l’inverse…

    Cette hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme partout, toujours la différence.

    Il faut considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute à des vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle. Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc. Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne comme de la lessive…

    Il y a de très belles bouteilles millésimées 2004 ou 2002 (le 2003 moins passionnant, un peu trop “rôti”)) et certains vieux millésimes (1998 et 1995, notamment) sont remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des meilleures cuvées. On trouve de remarquables vins, millésimés ou non, à des prix très justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres appellations, et on comprend le succès -mérité- de la région.

    Brigitte Dussert : Le Languedoc vous rend toujours dubitatif...

    Patrick Dussert-Gerber : On va se contenter des producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un bien beau rapport qualité-prix.

    Je le rappelle, gare à ceux qui nous font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade, où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?), la réglisse (on n’est pas loin de l’écœurement)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais).

    Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin.

    Concernant les millésimes, en Languedoc, Les 2008 à 2003 sont réussis, les 2002 et 2000 savoureux. Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements, respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages inappropriés. Pour certains, l’exagération des prix et certaines renommées bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des baudruches.

    Brigitte Dussert : En Provence, les trois couleurs vous séduisent régulièrement...

    Patrick Dussert-Gerber : Les Bandol sont des vins formidables. Issus principalement du fabuleux cépage que peut être le Mourvèdre (qui apporte bouquet, corps et rondeur), les rouges de Bandol peuvent être exceptionnels. Amples, élégants, puissants, gras et très aromatiques, ils donnent toute leur véritable mesure après quelques années de vieillissement. Ceux-là bénéficient d’un excellent rapport qualité-prix. Les rosés font aussi partie des meilleurs vins de France.

    Juste à côté, Cassis, avec ces blancs, des rosés et des rouges, qui profitent d’un climat exceptionnel et de la bienveillance du mistral qui nettoie les vignobles et leur fournit chaque année des températures quasiment invariables.

    L’influence des millésimes est en effet beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une très bonne série, de 2008 à 2003 (le 2002 étant nettement en-dessous). Les blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de ce type de vin (2007 et 2005 superbes).

    Justement, je trouve que les Coteaux-d’Aix-en-Provence, appartenant à la zone occidentale de la Provence calcaire, ont aussi fait beaucoup de progrès, tout particulièrement en rosés. Entre des reliefs constitués de chaînons parallèles au littoral, s’étendent des bassins sédimentaires où s’est concentrée l’activité viticole. L’appellation s’étend sous un climat de type méditerranéen, avec pour vent dominant le mistral, qui permet à la région de bénéficier d’un ensoleillement moyen de 2 900 h par an. Les sols sont argilo-calcaires caillouteux, sableux, souvent graveleux sur molasses et grès, et caillouteux à matrice argileuse ou limono-argileuse.

    J’ai également beaucoup apprécié un bon nombre de Coteaux Varois, où l’on débouche des bouteilles de plus en plus séduisantes, et cette appellation entre pleinement en accord désormais dans la grande entité provençale.

    Et les terroirs ont aussi leur importance, ici.  En Côtes-de-Provence, le vignoble prend naissance dans les Bouches-du-Rhône, au pied de la montagne Sainte-Victoire. Accroché aux flancs de coteaux sur des “restanques”, ces terrasses aménagées par l’homme, ou bien isolé au milieu des pinèdes, et bénéficie de sols généralement pauvres en humus, perméables et caillouteux.

    Mais, évidemment, il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations, en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse, qui mérite d’être respectée à part entière.

    Brigitte Dussert : Vous avez plus de réticence avec le Sud-Ouest ?

    Patrick Dussert-Gerber : Peu de vignerons semblent motivés et intéressés par envoyer leurs échantillons, tout spécialement en Bergerac, Jurançon, Madiran et Gaillac, et je comprends mieux pourquoi on n’entend de moins en moins parler de ces vins. Chacun fait ce qu’il veut, et il ne me semble pas nécessaire de faire le voyage à sens unique.

    On peut tout autant regretter l’arrivée de cuvées surchargées par le bois et “fabriquées” pour avoir une bonne note auprès de “critiques”, ceci facilitant une hausse de prix totalement incautionnable. Je me méfie des cuvées et des communications spéciales Malbec, qui mettent trop le cépage en avant, et de quelques vins de mode dans cette région où les cépages et les sols ont une véritable influence, une véritable présence historique. Ne vaut-il pas mieux montrer sa propre personnalité quand on en a comme c’est le cas à Cahors ou à Madiran ?

    À quoi bon avoir des cépages de caractère comme le Tannat, le Cot, la Négrette ou le Gros Manseng si c’est pour “lisser” les vins et les dépersonnaliser au point que l’on ne sait plus ce que l’on goûte ? La complexité des terroirs et des climats est pourtant bien réelle dans la région, et prouve que l’on ne fait pas la même qualité, selon les aléas de la nature, au fin fond du Béarn ou dans le Lot. C’est ce qui compte, et crée la typicité.

    Particulièrement à Cahors ou à Madiran, mais aussi dans l’ensemble de ce grand vignoble, les millésimes 2008, 2006, 2005, 2004, 2003 et 2001 sont des réussites, le 2007 se goûte bien. Les vins ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 1999, 1995 ou 1990) où les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence historique. Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en blancs secs et en liquoreux (millésimes 2004, 2000, 1995 ou 1990). Pas fana des “microcuvées” (en Bergerac, à Cahors, à Monbazillac...), pas typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons s’attachant ici à élever des vins racés.

    Brigitte Dussert : Vous avez débuté dans la Loire...

    Patrick Dussert-Gerber : Et j’ai toujours soutenu ces vignerons de Sancerre, de Touraine, d’Anjou ou de Saumur, où j’ai un bon nombre d’amis. Les vins de la région possèdent deux atouts considérables : un rapport qualité-prix réellement exceptionnel et une complexité due bien sûr à ces sols différents, les uns plus spécifiques que les autres.

    J’aime retrouver ces hommes et ces femmes qui s’attachent à défendre leur personnalité. En Anjou-Saumur, peu d’autres vins peuvent copier les meilleurs crus de la région, marqués par ces sols de tuffeau ou de roche calcaire en parfaite osmose avec les cépages Cabernet franc et Chenin, le premier s’épanouissant sûrement le mieux ici, dans cette région où il fait bon s’octroyer quelques étapes gourmandes et historiques. De Champigny à Beaulieu-sur-Layon, du Puy-Notre-Dame à Parnay, la région est riche en terroirs et en saveurs, avec des blancs très séduisants, des rouges puissants et colorés, au nez de violette comme ceux de Saumur-Champigny.

    Il suffit aussi de goûter un Sancerre Les Belles Dames et un autre Les Romains, un Quincy ou un Pouilly-Fumé silex pour s’ assurer de la typicité des vins. Cela fait donc du bien de “sentir” la puissance des terroirs et permet de renvoyer au jardin d’enfants les  vins qui poussent partout et les producteurs qui croient encore qu’il suffit de planter un cépage pour obtenir un grand vin…

    À Quincy comme à Pouilly, à Chinon comme à Monlouis, en Muscadet comme à Menetou-Salon, la région fourmille de vins qui possèdent une typicité exacerbée. Les cépages Chenin ou Sauvignon, pour les blancs, savent en effet se marier parfaitement avec ces sols de silex, d’argiles ou de marnes, et produit une typicité propre. Un bon nombre de propriétaires sont présents dans mon Guide depuis longtemps, ce qui prouve leur grande régularité qualitative.

    Le millésime 2008 est particulièrement réussi, même si, parfois, les quantités sont très faibles. Le 2007 est très difficile en rouges en Touraine comme en Anjou, et c’est la raison pour laquelle les rosés -eux- sont particulièremernt savoureux. Les blancs 2007 sont dans la belle lignée des 2006, et la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur, et des millésimes comme les 2004 ou 2002 se goûtent très bien actuellement.

    Les liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon, Bonnezeaux ou Vouvray, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 1998 ou 1995). Le millésime 2002 est très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003, 2001 sont savoureux. Beaux liquoreux en 2004, 2003 et 2001, et un millésime 2005,  assez typé, très intéressant.

    Brigitte Dussert : Un tour de France qui se termine par la Vallée du Rhône...

    Patrick Dussert-Gerber : Voilà un autre bel exemple de la race des terroirs, non ? Prenez Châteauneuf-du-Pape où le terroir se caractérise principalement par un sol extrêmement ingrat composé de gros galets roulés, amoncelés autrefois par le glacier du Rhône, qui fournissent à la vigne des conditions exceptionnelles de maturation en lui renvoyant pendant la nuit l’intense chaleur qu’ils ont emmagasinée pendant le jour. Les vins blancs offrent un bouquet floral duquel s’échappent des parfums de fleur de vigne, de lis ou de narcisse. Les rouges sont de couleur intense, puissants, de garde, et n’ont pas besoin d’artifices œnologiques pour être au sommet.

    Mais la richesse de la région, ce sont aussi les appellations moins connues qui bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité formidable : Rasteau, Beaumes-de-Venise, Visan, Vinsobres, Cairanne...

    Pour les millésimes, si le 2008 devrait tenir toutes ses promesses, le 2007 est remarquable ici, peut-être supérieur au 2006. Les 2005 et 2003 sont très mûrs, le 2002 a été très difficile à maîtriser, et le 2004 très classique, très réussi. Il faut prendre le temps de conserver ces vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 1998, 1995 ou 1990.

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    Sélection du Mercredi : 10 vins à ne pas manquer

    Sélection du Mercredi : 10 vins à ne pas manquer

    À l’époque où certains prix ne correspondent plus à rien, il devient indispensable de “situer” le marché des vins vendus en France, région par région, appellation par appellation, afin de pouvoir visualiser immédiatement le prix des vins, et pouvoir se référer directement aux prix pratiqués chez les producteurs, où il est toujours conseillé d’acheter son vin directement. À noter que ces fourchettes de prix prennent en compte le marché de base de ces appellations, prix départ propriété, dans les millésimes récents, l’excep­tion confirmant la règle, sans tenir compte de la marge des revendeurs et surtout, hélas, des restaurateurs (de 4 à 7, et beaucoup plus, parfois), chez lesquels il vaut mieux s’abstenir de passer commande. Trois choses sont à retenir :

    - On se rend compte que dans des appellations très abordables (de 7 à 10 €), on trouve de tout, aussi bien des crus qui bénéficient d’un excellent rapport qualité-prix que des vins d’une même appellation qui, faute d’image de marque (et de qualité) cohérente, peuvent passer du simple au double, les vins les moins chers n’étant pas les meilleurs “locomotives” de ces appellations (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Languedoc, Provence…). Pour ceux-là, il semble urgent de régulariser le marché, en intervenant sur le plan qualitatif comme sur celui de l’image de marque, tant au niveau du négoce que de la propriété, voire de la grande distribution. Certains responsables actuels en ont conscience, d’autres non. Il est évident qu’un Corbières (ou Bordeaux) à moins de 4 € n’est pas comparable qualitativement à un excellent Corbières (ou Bordeaux) à 8 €. Il est tout aussi évident qu’un mauvais Bordeaux à 3 € ne vaut même pas son prix. Attention à des prix inexcusables atteints aussi bien par des appellations moyennes que dans les plus prestigieuses pour des micro-cuvées “fabriquées”.

    - Certains prix sont surprenants (dans le bon sens). Des vins des “satellites” de Saint-­Émilion, des Graves, des Côtes de Bordeaux, des Gigondas…, dans une fourchette de prix de 8 à 12 €, ce n’est pas bien cher. Il en va de même pour d’autres appellations (Bourgueil, Cahors, Madiran, Chinon, Gaillac, Quincy, Brouilly, Côtes-du-Rhône-Villages, Reuilly, Corse, Fleurie, Chinon, Loupiac, Saumur-Champigny…), où les meilleurs vins sont souvent sous-payés (vous avez bien lu). Inversement, d’autres prix sont très surprenants et trop “élevés” (toutes proportions gardées) dans de nombreuses régions et/ou appellations (Languedoc, Bouzy, Provence, Tavel, “simples” AOC de Bourgogne, Médoc, Libournais…). Leur point commun : l’importance du tourisme dans leur région, et une clientèle qui, bien souvent, n’est pas réellement informée des équivalences de prix. L’exportation peut aussi expliquer l’exagération des prix. Bien sûr, dans chacune de ces régions citées, il existe des vins qui méritent largement leur prix : ils sont dans le Guide.

    - Quelques très grands vins ne sont pas si chers que cela, tant en Bourgogne qu’à Bordeaux, dans le Rhône, ou en Vendanges Tardives (Sauternes, Alsace, Loire, Sud-Ouest), d’autant plus si l’on fait intervenir le facteur rareté (tout particulièrement en Bourgogne ou en Sauternais). S’offrir un Meursault Premier Cru pour 30 € (et plus), ou un très Grand Cru Classé de Bordeaux pour 50 €, c’est tout à fait compréhensible, à l’époque où d’autres vins à la mode parviennent à des prix prohibitifs. Il suffit de prendre en considération leur potentiel qualitatif dans le temps et leur grande histoire vinicole pour s’en persuader. En fait, pour les très grands crus, au-dessus d’un prix “compréhensible” (100 €), il est difficile de parler “qualité-prix”, la mode (outrancière, parfois, notamment sur des micro-cuvées ou grâce à une note bienveillante) intervenant alors, et l’on entre aussi pour d’autres dans le domaine du luxe. Bien entendu, la renommée n’est pas obligatoirement synonyme de grande qualité, et certaines sont galvaudées. Et les vins changent selon leurs propriétaires : il faut toujours remettre en question l’évolution des crus en fonction du talent de l’homme qui les élève et de son aptitude à accéder au sommet de son appellation.

     

    Exploitation familiale de 9,60 ha, située au cœur du cru Brouilly. Un terroir à dominante granitique, allié au cépage Gamay noir à jus blanc confèrent à ce vin sa finesse. Le Côte-de-Brouilly 2005 élevé plusieurs mois en fûts de chêne (vendange manuelle), de robe pourpre, est souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr, fraise des bois, violette), légèrement épicé. Le Brouilly 2007, aux notes de violette, de framboise et de sous-bois, est parfait sur un jambon de pays. Beau Brouilly 2006, de robe intense, bien parfumé (fruits frais, humus...), développe ampleur et rondeur, un vin légèrement poivré en finale.
    DOMAINE DE LA SANGLIERE
    COTES-DE-PROVENCE
    Tout commence en 1980 lorsque François Devictor, Ingénieur Agronome décide de s’installer en Provence pour y produire de grands vins. Son choix se porte sur le Domaine de La Sanglière situé en bord de mer dans l’exceptionnel site classé du Fort de Brégançon. Sur une surface de 42 ha, tout est alors mis en œuvre pour une qualité optimale : nivellements, plantations et construction d’une cave, la production de blancs, rosés et rouge en appellation Côtes de Provence peut alors commercer. Dans la lignée du travail de leur père, c’est à présent une 2e génération de vignerons, Rémy et Olivier Devictor qui dirigent le domaine. Le site est protégé par le conservatoire du littoral. Ce sont actuellement 20 ha qui sont en production. Très séduisant Côtes-de-Provence blanc cuvée Spéciale 2007 (les raisins sont récoltés la nuit pour préserver leur fraîcheur), qui allie nervosité et gras, au nez envoûtant et persistant, marqué par ces notes de fleurs blanches, très bien vinifié, de bouche persistante avec une finale fondue et particulièrement savoureuse. Le Côtes-de-Provence rouge cuvée Spéciale 2007 (assemblage des 3 cépages, Syrah, Grenache et Cinsault, avec une majorité de Syrah) est un vin marqué par des notes d’épices à dominante de fruits rouges mûrs et de violette, d’une belle couleur grenat pourpre, alliant charpente et souplesse en bouche. Beau Côtes-de-Provence cuvée Prestige rosé 2007, d’une couleur très délicate, un vin très fin, sec et gras à la fois, avec une belle robe rose pivoine et des arômes fins de fruits frais qui développent au palais beaucoup d’élégance, tout en bouche. À leurs côtés, ce Côtes-de-Provence rosé cuvée S 2007, au fruité concentré, avec des nuances de pêche, d’abricot et une note épicée, un vin qui demande une cuisine raffinée. Goûtez encore le Côtes-de-Provence rouge gamme S 2006, au nez dominé par la groseille et des senteurs subtilement épicées, de bouche puissante et persistante.

    Domaine familial depuis 4 générations. L'exploitation assume la gestion complète de 4 ha de Sauvignon, 4 ha de Pinot noir et 2 ha de Pinot gris. La culture se fait de façon traditionnelle : buttage, débuttage, incorporation de fumier naturel. Le Domaine vous propose de Reuilly Sauvignon blanc 2007, de robe pâle, brillante et limpide, très agréable, qui associe la fraîcheur à l’élégance, d’une jolie complexité aromatique où l’on retrouve des nuances de citron et de fleurs blanches comme ce rosé Pinot gris 2007, avec un nez complexe où la mûre s’associe à la framboise, une bouche intense et raffinée à la fois, à ouvrir sur des mets épicés. Le Reuilly Pinot noir est de belle couleur aux reflets violets, avec des arômes de violette et de mûre.
    Le Tuquet et son Vignoble figurent déjà sur les cartes royales de belleyme au début du XVIIIe siècle. La chartreuse fut construite vers 1730 (façade sud de Victor Louis). Dans la première édition du Féret (Ch. Cocks 1868) Le Tuquet est classé premier vin de la commune de Beautiran, ce qui sera confirmé par les éditions successives jusqu'à aujourd'hui. A la fin du XIXe siècle, le domaine appartient à la famille du Père de Foucauld qui y séjournera à plusieurs reprises avant son départ pour le Maroc. Il a appartenu ensuite à une grande maison du négoce bordelais, puis fût racheté en 1963 par la famille Ragon, actuellement propriétaire. D'importants travaux ont été faits dans les chais en 1991 : 3 200 hl de cuverie inox supplémentaires, construction d'un nouveau chai à barriques, thermorégulation de l'ensemble de la cuverie et climatisation des locaux de stockage. Faites-vous plaisir avec ce superbe Graves rouge, de robe grenat, au bouquet subtil et intense à la fois, aux notes de sous-bois et de fruits rouges mûrs, de bouche ample et fondue, tout en charme, de garde. Très joli Graves blanc, bien typé par son Sémillon (95%), bien fruité, au nez de petits fruits frais, régulièrement charmeur.
    Le domaine Aux Moines est situé à La Roche aux Moines, superficie de 8 ha en Chenin et 0.80 ha en Cabernet pour notre Anjou village. Du moyen âge à la révolution ce domaine viticole a appartenu aux moines de Saint-Nicolas d’Angers, puis revendu comme bien national. Il connut divers propriétaires dont M. Benz des automobiles en 1926. Nous en sommes propriétaires depuis 1981, elle ne comptait alors plus que 4 ha de vignes. Nous avons apporté la parcelle que nous possédions sur la Roche aux Moines et nous avons acquis petit à petit d’autres parcelles toujours situées à La Roche aux Moines. Dès 1982 nous avons planté certaines parcelles, en gardant les vieilles vignes, et nous avons toujours pratiqué une culture raisonnée en enherbant tous les rangs de vigne. Nous avons rénové le chai en l’équipant de cuves Inox thermorégulées. Le parc à fûts de 400 litres est renouvelé tous les ans, mais notre objectif est plus de faire ressortir le terroir schisteux et le fruit du Chenin que le bois. C’est Tessa, ma fille, œnologue, qui vinifie seule à la cave dans la continuité de l’esprit maison : un vrai vin au féminin. Le Savennières 2006, au nez subtil, d’une belle persistance aromatique, à dominante de fruits frais (abricot) et d’amande, est un vin d’une belle persistance en finale.
    Le domaine compte 16,4 ha de vignes (13,3 en Sauternes et 3,10 en Graves) et vous propose un excellent Sauternes 2002, au nez à dominante de fleurs blanches et de petits fruits secs, un vin tout en finesse, de bouche pleine, d’une longue finale. Le 2003, puissant, tout en arômes (pain brioché, citronnelle), est un vin racé, riche et complexe, très persistant, d’une grande onctuosité. Le Graves rouge Château La Mourasse 2007, de robe pourpre foncé, au nez de fruits noirs, cacaoté avec des notes d’amandes grillées, une bouche ample et bien structurée, à aérer avant dégustation, d’une très bonne perspective d’évolution. Découvrez le Sauternes 2005, d'une robe jaune doré, au nez de miel d'acacia et d'abricot confit, d'un bon équilibre en bouche, frais au palais, complexe en finale.

    Beau domaine de 50 ha de vignes, nichées sur les coteaux de Mezzavia, fleuron de la viticulture insulaire. Ce vieux domaine (les premières vignes y furent plantées au XVIème siècle) a été totalement restructuré en 1965 par le Comte de Poix-Peraldi, père de l’actuel propriétaire. Il est actuellement le plus important vignoble de l’appellation contrôlée « Ajaccio ». Le domaine vous propose ce remarquable Ajaccio Comte Peraldi rouge 2005, de robe pourpre, souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr, garrigue, poivre), légèrement épicé en bouche comme il se doit, de très bonne évolution. Belle cuvée Clos du Cardinal rouge 2003, issue de Sciacarello, élevée en fûts, au nez d’humus et d’épices, associant richesse et finesse en bouche, charnu et complet, de très bonne évolution, à déguster sur un civet. Excellent Comte Peraldi rosé 2006, avec des notes de rose et de mûre, un vin friand et légèrement épicé, de bouche persistante, idéal sur des mets épicés, de bouche complexe comme ce blanc 2005, au nez minéral où dominent les agrumes et les petits fruits secs, ample et bouqueté, de bouche épicée et dense. Le blanc 2007, finement bouqueté, est de bouche fraîche et tendre, au nez subtil (fleurs blanches, amande, pomme), tout en rondeur et persistance, avec une note de fraîcheur très agréable au palais, s’allie parfaitement avec un bar au fenouil.
    Fondé en 1946 par René Gouron, le DOMAINE se développera avec le soutien de son fils Jacky jusque dans les années 80. Désormais, ce sont les petits enfants LAURENT et STEPHANE qui vinifient et commercialisent ensemble les 28 hectares que compte la propriété familiale. Classé en Appellation CHINON Contrôlée le DOMAINE GOURON est morcelé en de nombreuses parcelles : argilo-calcaire et argilo-siliceux, sur les coteaux et graviers mêlés de sables, en plaine. Cette diversité de sols a permis de créer différentes cuvées mettant en valeur l'expression, fruité en plaine et corsé sur les coteaux. Toute l’année un travail important est accordé à la vigne afin d’obtenir les meilleurs fruits : l’exigence d’une taille courte, des sols enherbés et de l’éclaircissage s’orientent vers des rendements maîtrisés, une meilleure concentration et le respect de notre environnement. Nos vins sont élevés dans les caves de tuffeau avec des conditions idéales puis mis en bouteilles à la propriété. Excellent Chinon La Croix Boisée 2005, au nez de framboise, alliant puissance et souplesse en bouche, charpenté, complexe, très riche. Beau Chinon cuvée Vieilles Vignes, issu de sols argilo-calcaires et argilo-siliceux (vignes de 45 ans et plus, cuvaison longue et élevage 12 mois en fûts de chêne), charnu, tout en nuances aromatiques, de robe soutenue, au nez complexe où dominent la cerise noire et les épices, d’excellente garde. Savoureux Chinon 2007, un vin corsé et riche en couleur comme en matière, au nez subtil de fruits à noyau, de bouche pleine, ample et veloutée, d’une belle charpente.
    DOMAINE DE MENARD
    COTES-DE-GASGOGNE
    Une passion de la vigne transmise depuis 3 générations de père en fils et fille. En 1920, Jean François Morel, fils de viticulteurs suisses, arrive dans le Gers et s’installe sur un domaine viticole : il acquiert le Domaine de Ménard en 1938 qui comprend alors 10 ha de vignes. Denise sa fille et son mari Jean Jegerlehner s’installent sur le domaine en 1960, et leur passion commune de la vigne va permettre d’édifier les chais et d’étendre le vignoble. Leur fils Philippe les rejoint et s’invertit à fond dans la bonne tenue du vignoble et du domaine. Mais la passion de la vigne et du vin gagne aussi Elisabeth leur fille (première œnologue du Tariquet), qui aidée de son mari Henry Prataviera va très vite faire évoluer le Domaine de Ménard qui comptent à ce jour 110 ha. Les premières bouteilles du Domaine de Ménard sont produites en 2002. Plus de 400000 cols ont été commercialisés en 2007 en Ménard, Haut Marine et Saveur Gascogne, en France et à l’étranger. Les vins sont très fruités et la richesse des terroirs permet de sortir chaque année de nouveaux vins comme en 2008 la « cuvée Marine » et « Première Gelée » qui représentent si bien la Gascogne. Les objectifs sont de séduire de nouveaux consommateurs et de leur faire découvrir et partager grâce à un bon rapport qualité-prix, le plaisir du vin.
    Le vignoble de 28 hectares est situé autour du château et bénéficie d¹une exposition plein sud. Les vignes très anciennes, certaines ont 40 ans sont plantées sur des coteaux qui surplombent la Garonne, dans un terroir argilo-calcaire. L'encépagement est classique de l'appellation : 80% Sémillon et 20% Sauvignon. La propriété se situe à côté de la magnifique église romane du XIIe siècle de Loupiac. Le climat est idéal, avec ses brumes matinales et ses après-midi ensoleillés de l'automne, cela permet le développement du Botrytis Cinéréa. Dès qu'il fait son apparition, les vendanges sont faites dans la plus pure tradition : le raisin est cueilli exclusivement à la main, par tries successives, du début octobre jusqu'à la mi novembre. La vinification associant le savoir faire de 4 générations aux techniques modernes, produit un vin fin et très élégant, d'une belle couleur dorée, onctueux et très fruité avec des arômes complexes d'acacia et de pain grillé, de bouche suave, d'une grande fraîcheur, un vin d'excellente évolution qui bénéficie de deux années de vieillissement avant sa mise en bouteille. Ces vins frais et délicats, sont très bons à l'apéritif. Ils laissent la bouche fraîche pour déguster d'autres vins. Ils sont parfaits sur un foie gras, une volaille, une viande blanche, les fromages et les desserts aux fruits.

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    Les bonnes affaires des vins de la Côte Chalonnaise et du Maconnais

    Les bonnes affaires des vins de la Côte Chalonnaise et du Maconnais

    VITTEAUT-ALBERTI sarlCRÉMANT DE BOURGOGNE VITTEAUT-ALBERTI sarl

    VITTEAUT-ALBERTI sarl

    (CRÉMANT DE BOURGOGNE)

    16 , rue de la Buisserolle - BP 8
    71150 Rully
    Téléphone :03 85 87 23 97
    Télécopie : 03 85 87 16 24
    Email : vitteaut-alberti@wanadoo.fr
    Site : www.vitteaut-alberti.fr

    Domaine de 9 ha, situé dans les meilleurs climats de la Côte-de-Beaune et de la Côtes chalonnaise. Gérard Vitteaut, secondé par son épouse et sa fille, Agnès, peut être fier de ses cuvées, ce fameux Crémant qu’il faut savoir respecter et apprécier pour ses propres qualités. “Chez nous, le 2008 est un très bon millésime, nous précise Agnès Vitteaut, dans la lignée du 2007, avec une bonne acidité qui donne fraîcheur, légèreté et finesse. Les vendanges se sont déroulées plutôt tard, fin septembre-début octobre, mais, somme toute dans la normale, puisqu’elles étaient très précoces depuis quelques années.” Vous aimerez comme nous leur Crémant de Bourgogne Blanc De Blancs 2006, une cuvée haut de gamme, très fine, marquée par la proportion importante de Chardonnay (80%, le reste en Aligoté), délicatement dosée, de mousse onctueuse, puissante, au nez concentré où dominent les petits fruits secs, d’une belle finale ample et longue. Il y a ce Crémant de Bourgogne cuvée Agnès 2006, cuvée vinifiée par Agnès Vitteaut, un assemblage 100% Chardonnay de raisins de la Côte Chalonnaise et de la Côte De Beaune, un bien joli vin doré au reflet d’ambre, de bouche vive et fraîche dominée par des notes d’agrumes et de pêches blanches, avec cette finale longue et harmonieuse. Le Crémant de Bourgogne blanc 2006 (40% Chardonnay, 40% Pinot Noir et 20% Aligoté), tout en raffinement, dégage un charme indéniable par son fruité délicat et sa persistance, parfait à l’apéritif mais qui peut s’apprécier tout au long du repas. Il y a également ce très séduisant Crémant de Bourgogne rosé brut 2006, un pur Pinot Noir, au nez de cassis, fort bien équilibré, distingué et vif en bouche, l’un des meilleurs de la région, de mousse intense, tout en persistance, très agréable sur une cuisine légèrement relevée.

    Gérard et Laurent PARIZE

    Gérard et Laurent PARIZE

    (GIVRY)

    18, rue des Faussillons
    71640 Givry
    Téléphone :03 85 44 38 60 et 06 72 93 36 31
    Télécopie : 03 85 44 43 54
    Email : laurent.parize@wanadoo.fr

    Une exploitation familiale de 9 ha où la 6e génération est aux commandes. Vignes de 30 à 40 ans en moyenne, lutte raisonnée, vendanges sont exclusivement manuelles. Vinification traditionnelle avec un contrôle des températures et des cuvaisons longues pour les vins rouges. Le Givry Champ Nalot rouge 2006 La Sauleraie (élevage en fûts de 2 ans), est une réussite, très typé, de couleur soutenue, d’une belle charpente, riche et structuré, aux connotations caractéristiques de mûre et de sous-bois, tout en bouche comme ce Givry rouge Premier Cru Clos les Grandes Vignes 2006, élevé en fûts neufs, avec beaucoup de matière, des arômes de fruits rouges surmûris présents et complexes, aux nuances persistantes d’épices et d’humus. Goûtez le Givry blanc Champ Nalot 2006, élevé en fûts, riche en arômes comme en structure, persistant et de bonne bouche, aux notes de pêche et de chèvrefeuille, à ouvrir sur un poisson au four.

    Château de la BRUYÈREMÂCON Château de la BRUYÈRE

    Château de la BRUYÈRE

    (MÂCON)
    M. et Mme Borie

    71960 Igé
    Téléphone :03 85 33 30 72
    Télécopie : 03 85 33 40 65
    Email : chateaulabruyere@vinsdusiecle.com
    Site : www.vinsdusiecle.com/chateaudebruyere

    Au sommet de leur appellation. Le Château s'élève sur une légère éminence placée entre 2 montagnes avec échappée de vue au midi. Il se compose de 2 corps de logis adossés l'un contre l'autre. C'est un petit fief situé sur la commune d'Igé, dans l'ancienne paroisse de Dommange. Ce joli vignoble du Mâconnais est implanté sur des coteaux calcaires et très ensoleillés. Vieilles vignes et rendements limités garantissent des vins de qualité. La vinification est traditionnelle, le raisin à maturité est récolté à la main en majorité, l'élevage se fait en fûts de chêne. “Concernant le millésime 2008, nous précise Paul-Henry Borie, les blancs ont une bonne acidité, un peu trop, ce sera un millésime de garde. La quantité est très infèrieure pour les rouges de Pinot, mais la qualité est comparable au 96. Une bonne maturité grâce à la fin septembre sèche et ensoleillée.” On se fait donc plaisir avec le Mâcon-Igé Vieilles vignes rouge 2007, élevé en fûts de chêne, riche en couleur comme en arômes (griotte, violette, humus), de structure élégante et corsée. Le 2006, de belle robe grenat, structuré, au nez persistant où dominent des notes de cerise et de sous-bois, est un vin particulièrement réussi, parfait sur une daube. Le 2005, au nez très caractéristique de cassis mûr, associe rondeur et structure, aux tanins savoureux, d’une belle complexité en bouche où s’harmonisent le cassis, la cerise et les sous-bois, un vin d’excellente évolution comme en atteste ce Mâcon-Igé rouge 2003, qui a obtenu et mérité une médaille d’Or au Burgondia, au nez dominé par les petits fruits rouges cuits (griotte, pruneau), de belle robe soutenue, un vin avec une charpente très harmonieuse. Le Mâcon Igé blanc Vieilles vignes 2007, un pur Chardonnay, très agréable, est subtilement bouqueté, à la fois vivace et souple, un vin floral, harmonieux, de bouche ample aux notes d’aubépine et de pomme, à déboucher sur un sandre. Le Bourgogne blanc 2006, élevé en fûts de chêne, est de bonne bouche, avec des nuances de chèvrefeuille. Excellent Bourgogne rosé, régulièrement réussi comme le Crémant de Bourgogne brut, Tastevinage 2008, un vin tout en subtilité, de mousse crémeuse, une cuvée parfumée, légère et ronde à la fois, charmeuse, le tout à des prix défiant toute concurrence.

    Vins AUVIGUE

    Vins AUVIGUE

    (POUILLY-FUISSÉ)
    Jean-Pierre Auvigue
    Le Moulin-du-Pont
    71850 Charnay-lès-Mâcon
    Téléphone :03 85 34 17 36
    Télécopie : 03 85 34 75 88
    Email : Vins.Auvigue@wanadoo.fr

    Très séduisant Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2006, de belle robe, au nez de noisette et de pêche, bien rond, de bouche intense, ample au palais, un vin subtil, sec et moelleux à la fois, vraiment réussi. Le 2005, où s’associent rondeur et distinction, très aromatique, est un vin à la fois fin et très structuré, d’une belle finale, d’une belle longueur comme ce Pouilly-Fuissé cuvée La Frairie, issu de Vignes situées sur des sols argilo-calcaires, roches sédimentaires du crétacé (vendanges manuelles, élevage sur lie avec bâtonnages), très floral. Le Pouilly-Fuissé Les Chailloux 2006 est très équilibré, de bouche fruitée, légère et ronde à la fois, aux nuances de tilleul et de pêche.

    Domaine Roger LUQUET

    Domaine Roger LUQUET

    (POUILLY-FUISSÉ)

    Rue du Bourg
    71960 Fuissé
    Téléphone :03 85 35 60 91
    Télécopie : 03 85 35 60 12
    Email : domaine@domaine-luquet.com
    Site : www.domaine-luquet.com

    Un domaine de 24 ha. La 4e et la 5e génération travaillent côte à côte. Roger (qui reste conseiller privilégié) et Renée Luquet, les parents, Christine et Patrick, leurs enfants, et Thierry, le mari de Christine. Ils élèvent ce Pouilly-Fuissé Terroir 2007, aux notes complexes de noisette et d’abricot sec, de bouche harmonieuse, vraiment réussi. Le Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2006, typé par son sol argilo-calcaire, est une valeur sûre, avec ces parfums marqués de tilleul et d’abricot frais, un vin riche et très aromatique, d’une grande harmonie. Le 2005 sent la noisette et le genêt, un vin vif et rond à la fois, tout en fraîcheur en bouche, parfait sur des crustacés. Le Saint-Véran Vieilles Vignes 2007 est de jolie robe dorée, tout en finesse et souplesse, de bouche délicate aux senteurs de chèvrefeuille, le Mâcon-Villages Clos de Condemine blanc 2007, un joli vin provenant d’un sol argilo-siliceux (4,30 ha), en léger coteau, au nez de tilleul, est un vin de bouche fraîche et souple où l’on retrouve des connotations de flurs fraîches, très agréable sur des sardines grillées ou un jambonneau.

    Jean-Paul PAQUET

    Jean-Paul PAQUET

    (POUILLY-FUISSÉ)

    Les Mollard, Domaine de Fussiacus
    71960 Fuissé
    Téléphone :03 85 27 01 06
    Télécopie : 03 85 27 01 07
    Email : fussiacus@wanadoo.fr

    Toujours très bien classé. Domaine de 18 ha, dont le vignoble s’étend sur de petites collines orientées est-sud-est (200 à 300 m d’altitude). Remarquable Pouilly-Fuissé Domaine de Fussiacus 2005, issu de vieilles vignes plantées sur un sol argilo-calcaire (40 hl/ha), bien élevé en fûts de chêne durant 10 mois, qui allie à la fois finesse et structure, d’une belle couleur jaune clair, brillant et limpide, avec ces notes de petits fruits secs et de noisette grillée, de bouche harmonieuse, idéal sur un sandre au beurre blanc. Joli Pouilly Vinzelles blanc 2006, au nez d’amande fraîche, d’une belle rondeur, aux connotations de fleurs blanches et de poire, un vin très agréable, très franc, parfait sur une truite saumonée.

    Domaine Christophe-Jean GRANDMOUGIN

    Domaine Christophe-Jean GRANDMOUGIN

    (RULLY)

    11, rue Saint-Jacques
    71150 Rully
    Téléphone :03 85 87 23 79
    Télécopie : 03 85 87 17 34
    Email : stjacques.71@orange.fr
    Site : www.domainesaintjacques.com

    Beaucoup aimé le Rully rouge Premier Cru La Fosse 2006, un vin de belle couleur grenat profond, qui est toujours très typé, marqué par les fruits rouges bien mûrs et la violette, riche et rond à la fois, avec une belle charpente, de bouche savoureuse. Le 2005, de robe soutenue, charpenté, gras et charnu à la fois, aux tanins bien présents, est un vin qui fleure les épices et les petits fruits à noyau, de bonne évolution comme le montre ce 2004, avec des arômes d’épices, de fruits noirs et de sous-bois, charnu, ample, un vin qui emplit bien la bouche. Excellent Rully blanc Premier Cru Marissou 2006, tout en harmonie, tout en fruité et rondeur, persistant, aux arômes subtils de fleurs blanches et de poire.

    Domaine des PÉRELLES

    Domaine des PÉRELLES

    (SAINT-VÉRAN)
    Jean-Yves Larochette

    71570 Chânes
    Téléphone :03 85 37 41 47 et 06 82 04 21 57
    Télécopie : 03 85 37 15 25
    Email : contact@domaine-des-perelles.com
    Site : www.vins-du-beaujolais.com/larochette

    Une propriété familiale depuis plusieurs générations (9 ha). Excellent Pouilly-Fuissé 2006, typé, parfumé et persistant, d’une bonne rondeur, avec ces connotations discrètes de genêt, d’amande et de pêche, un vin tout en charme et finesse. Le Saint-Véran blanc 2006, très classique comme on les aime, est franc et bien équilibré, de robe brillante, au nez subtil à dominante de pain grillé et d’acacia. Joli Crémant de Bourgogne, où dominent les fruits mûrs et les petits fruits secs, d’une jolie longueur, de mousse persistante et florale, à ouvrir sur une tarte. Le Beaujolais-Villages 2005, médaille de Bronze à Mâcon est un vin où dominent les sous-bois, et les fruits rouges frais, charnu, réussi comme le Beaujolais blanc 2007 (Chardonnay), qui sent bon l’aubépine, tout en persistance, de bouche ample.

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