Avertir le modérateur

rouge

  • Pin it!

    Vendredi soir, on découvre une appellation qui mérite d'être appréciée à sa juste valeur : Chinon !

    Vendredi soir, on découvre une appellation qui mérite d'être appréciée à sa juste valeur : Chinon !

    Située en zone septentrionale, la région subit beaucoup les influences océaniques. Hivers doux, fortes gelées exceptionnelles côtoient des débuts d’automne généralement beaux sous lesquels les cépages les plus tardifs arrivent aisément à maturité. Les terrasses graveleuses qui bordent la Vienne donnent des vins légers, fruités, très aromatiques et agréables dès leur prime jeunesse. Les coteaux et plateaux argilo-siliceux ou argilo-calcaires donnent des vins de garde, gouleyants, qui vivent facilement 20 ans de plus, suivant les millésimes et la qualité de la cave où ils vieillissent. Le Chinon rosé, rond et fruité, s’associe aux crudités et à la charcuterie. Le Chinon blanc, issu du cépage Chenin, donne un vin sec, rare et parfumé.

    Le LOGIS de la BOUCHARDIÈRE

    Le LOGIS de la BOUCHARDIÈRE

    (CHINON)
    Serge et Bruno Sourdais

    37500 Cravant-les-Coteaux
    Téléphone :02 47 93 04 27
    Télécopie : 02 47 93 38 52
    Email : serge-bruno.sourdais@wanadoo.fr
    Site : www.sergeetbrunosourdais.com

    Un vignoble de 50 ha en plaine, en coteaux et en plateaux, planté en Cabernet franc, avec un âge moyen des vignes de 30 ans, les plus vieilles atteignant 80 ans, plantées sur des sols à dominante argilo-siliceuse sur les plateaux et les coteaux, et des sols de sable et de graviers en plaine. Vous aimerez comme nous le Chinon cuvée Les Cornuelles 2005, issu de très vieilles vignes de 60 à 100 ans, médaille de Bronze à Mâcon, riche et généreux, aux nuances de mûre et de sous-bois, où le gras s’associe à la structure, de très bonne garde. Le Chinon cuvée Le Chêne Vert 2005 est de bouche riche, aux notes de petits fruits noirs et d’humus, aux tanins équilibrés, tout en rondeur, ample et distingué. Excellent Chinon Les Clos 2006 (vieilles vignes de 40 à 50 ans en coteaux de silex très arides), de couleur intense aux reflets noirs, aux puissants arômes de fruits rouges (mûre, fraise des bois...), d’épices, aux tanins bien enrobés mais très équilibrés, un vin riche et bien typé.

    Paul BUISSECHINON Paul BUISSE

    Paul BUISSE

    (CHINON)

    69, route de Vierzon - BP 112
    41402 Montrichard Cedex
    Téléphone :02 54 32 00 01
    Télécopie : 02 54 32 09 78
    Email : contact@paul-buisse.com
    Site : www.paul-buisse.com

    À la tête des Premiers Grands Vins Classés, dans la plupart de ses appellations, ce qui n’est pas rien. C’est toujours un plaisir de revoir Paul Buisse, chaleureux et talentueux, un bel exemple de ces propriétaires comme nous les aimons, plus passionné par le respect des terroirs que par des cuvées à la mode. Il y a ce Chinon L’Exceptionnel de Paul Buisse 2006, dont le vignoble s’étend de part et d’autre de la Vienne jusqu’à la Loire. Ce vin est issu d’un assemblage de plusieurs cuvées de vieilles vignes ayant plus de 50 ans d’âge, situées sur les coteaux de Cravant dans des terres argilo-calcaires (Cabernet franc, vinifié avec une cuvaison de 3 semaines). Un vin de robe intense, bien charpenté, parfumé, aux notes de fruits cuits (prune, groseille, griotte), tout en bouche, riche, de très belle évolution. Dans la lignée, le 2005, de robe légèrement pourprée, est un vin très dense, complexe, puissant et savoureux, au nez de mûre, riche en couleur, aux tanins fermes et fins à la fois, très bien élevé, tout en bouche avec des notes de réglisse, à savourer sur un rôti. Le Bourgueil L’Exceptionnel de Paul Buisse 2005, Liger de Bronze au concours des Vins de Loire Angers, est de belle couleur rubis profond, avec des notes complexes de réglisse et de fraise, alliant matières tanniques et finesse, un vin de garde. Le Touraine Sauvignon Clos des Ronceveaux 2006, Liger d’Argent au concours des Vins de Loire Angers 2008, fort bien élaboré, avec ces senteurs florales et fruitées, associant élégance et puissance, tout en finesse, est d’une grande fraîcheur au nez comme en bouche. Le Touraine Sauvignon Domaine Paul Buisse 2007, dont le vignoble se trouve à Pouillé, sur des coteaux argilo-calcaires avec une exposition exceptionnelle, est tout aussi séduisant, tout en fraîcheur aromatique. Excellent Touraine blanc Cristal Buisse 2007, très expressif de son Sauvignon, mêlant richesse aromatique et persistance en bouche, un vin qui dégage de subtils arômes d’amande et de tilleul, charmeur, d’une jolie finale.

    Domaine de la CHAPELLE

    Domaine de la CHAPELLE

    (CHINON)
    Philippe Pichard
    9, rue de Malvault
    37500 Cravant-les-Coteaux
    Téléphone :02 47 93 42 35
    Télécopie : 02 47 98 33 76
    Email : philippe-pichard@club-internet.fr
    Site : www.philippe-pichard.fr

    Le domaine s’étend sur 15 ha. Beau Chinon cuvée Les 3 Quartiers Vieilles vignes 2006, pur Cabernet franc, équilibré, complexe, d’une jolie robe grenat, aux tanins riches et souples à la fois, aux senteurs persistantes où dominent des notes de myrtille et de poivre. Le Chinon cuvée Arcestral 2005 (vignes de 40 ans sur sol argileux, fermentation malolactique en barriques neuves et élevage de 15 mois), dominé par la fraise des bois mûre et l’humus, associe finesse et concentration, un vin bien charnu, d’une belle longueur en bouche, aux tanins équilibrés.

    COULY-DUTHEIL

    COULY-DUTHEIL

    (CHINON)
    Jacques et Arnaud Couly
    12, rue Diderot - BP 234
    37500 Chinon
    Téléphone :02 47 97 20 20
    Télécopie : 02 47 97 20 25
    Email : info@coulydutheil-chinon.com
    Site : www.coulydutheil-chinon.com

    Belle réussite avec ce Chinon Clos de l’Écho 2006, Grand Prix d’Excellence aux Vinalies Nationales 2008, très typé, de couleur grenat, concentré aromatiquement, ample en bouche, au fruité persistant (griotte, pivoine), de charpente fine et bien équilibrée, dense au palais. Exceptionnel Chinon Clos de L’Écho 2005, médaille d’Or à Mâcon 2007, de robe pourpre, au nez mariant les fruits mûrs et les épices, d’une complexité certaine en bouche, parfumé et intense avec des nuances de griotte et de prune, aux tanins soyeux, à la fois puissant et fin, d’excellente garde. Le Chinon rosé 2007, Prix des Vinalies Nationales 2008, est bien corsé, souple, tout en arômes de fruits, très bien vinifié, parfait sur des brochettes.

    Domaine DOZON

    Domaine DOZON

    (CHINON)
    Laure et Jean-Marie Dozon
    52, rue du Rouilly
    37500 Ligré
    Téléphone :02 47 93 17 67
    Télécopie : 02 47 93 95 93
    Email : dozon@terre-net.fr
    Site : www.domaine-dozon.fr

    Jean-Marie Dozon, et sa fille Laure, symbolisent fort bien ce qui nous est cher dans notre domaine : la garantie de vins de terroir associée à une convivialité réelle. Le vignoble de 24 ha se situe sur coteaux argilo-siliceux et argilo-calcaires exposés au sud et protégés au nord et à l’est par un massif boisé. Les vieilles vignes sont en non-culture, le paillage est pratiqué depuis 1975, alors que les autres vignes sont en enherbement naturel. Cueillette manuelle, effeuillage, tri, vinification soignée et élevage en fûts de chêne expliquent aussi le niveau qualitatif. De nouvelles étiquettes, plus modernes, soulignent leurs vins de terroirs avec, pour chacune, un pictogramme qui l’illustre : la bruyère pour le Clos du Saut-au-Loup ou les baies de prunelles pour le Bois Joubert. Savoureux Chinon Laure et le Loup 2005, sélection des plus vieilles vignes de 60 à 70 ans, tout en finesse des tanins et complexité des arômes, vinification très traditionnelle, 5 semaines de macération et 18 mois d’élevage en cuves, charnu, avec des notes de groseille surmûrie, souple et bien corsé, bien ferme en bouche, ample, parfumé. Le Chinon Clos du Saut-au-Loup 2007 est de robe rubis profond, d’une grande concentration aromatique avec des nuances persistantes de violette et de framboise mûre, un vin gras, épicé, tout en bouche. À leurs côtés, ce Chinon Le Bois-Joubert 2006, provenant d’un lieu-dit de 4 ha sur un coteau argilo-calcaire, de robe grenat, charpenté, de bouche persistante, au nez de fruits mûrs, avec des tanins souples et très équilibrés, d’une jolie finale. Le Chinon blanc 2007, de jolie robe bouton d’or, aux arômes intenses de fleurs blanches, d’abricot, est de bouche ronde et minérale.

    Domaine GOURON

    Domaine GOURON

    (CHINON)
    Laurent et Stéphane Gouron
    La Croix-de-Bois
    37500 Cravant-les-Coteaux
    Téléphone :02 47 93 15 33
    Télécopie : 02 47 93 96 73
    Email : info@domaine-gouron.com
    Site : htwww.vinsdusiecle.com/gouron
    Site : www.domaine-gouron.com

    Au sommet avec ce Chinon La Croix Boisée 2006, au nez de framboise, alliant puissance et souplesse en bouche, charpenté, complexe, très riche. Beau Chinon cuvée Vieilles Vignes, issu de sols argilo-calcaires et argilo-siliceux (Vignes de 45 ans et plus, cuvaison longue et élevage 12 mois en fûts de chêne), charnu, tout en nuances aromatiques, de robe soutenue, au nez complexe où dominent la cerise noire et les épices, d’excellente garde. Excellent Chinon 2007, un vin corsé et riche en couleur comme en matière, au nez subtil de fruits à noyau, de bouche pleine, ample et veloutée, d’une belle charpente.
  • Pin it!

    Le point sur les Graves et Pessac-Léognan

    208.jpgJ'habite à quelques kilomètres de ces appellations, et je crois les connaître comme le creux de ma main. Depuis trente ans, j'ai suivi, en effet, les achats, les extensions, les frimes, les camions déversant des galets, admiré, cotoyé et sympathisé avec des "figures" exceptionnelles : Patrick Ricard à Chevalier, Jean Sanders à Haut-Bailly (on avait le même club d'aviation, à La Réole), Antony Perrin (Carbonnieux, "pied-noir" comme moi, ce qui nous a toujours rapproché), la famille Marly (anciennement Malartic-Lagravière),  Gérard Gribelin (Fieuzal, parti se faire plaisir au Maroc), François Lévêque (Chantegrive), Jean-Bernard Delmas (Haut-Brion, aujourd'hui à Montrose, son fils, Jean-Philippe, ayant repris sa suite à Haut-Brion)..., constaté avec rage -ou ironie- des plantations de vignes dans des territoires sans intérêt, où le maïs pousserait aussi bien (je connais, il en pousse, chez moi).

    Bref, c'est peut-être la région où je connais le plus la moindre parcelle, de la meilleure à l'inadmissible... Je peux donc en parler.

    Pessac-Léognan

    C’est certain, c’est le vignoble qui a le plus progressé, par étapes, même si quelques-uns ont eu parfois la main leste pour planter dans des coins peu concainquants. Auparavant, il n’y avait, en effet, que quelques grands crus dont on parlait : Chevalier, que le cher Olivier Bernard a su, avec toute sa passion, faire encore plus progresser (le blanc est extraordinaire, le meilleur de toute la région),  la Mission..., d'autres m'ont déçu : Haut-Bailly, où l'on se rend bien compte que Jean Sanders lui donnait toute son âme, Fieuzal (qui n'est plus le même depuis le départ de Gérard Gribelin), etc...

    Beaucoup -pas tous- de propriétaires-investisseurs à Pessac-Léognan ont eu l’intelligence d’associer la modernité (des vins plus ronds, etc) à la tradition, en laissant toute la spécificité de leurs terroirs s’exprimer. Smith-Haut-Lafitte en est le plus beau fer de lance, tant les Cathiard ont su imposer leur vin et s'implanter d'une manière particulièrement intelligente dans la région, notamment au travers de leurs restaurants, dont les "Sources de Caudalies", où l'on est bien content désormais d'aller déjeûner (extra, leur "Table du Lavoir") ou dîner, voire de se détendre dans leur spa. Là, encore et toujours, il faut pouvoir déboucher des millésimes relativement anciens pour comprendre la force du terroir, que l'on ne peut juger sur un millésime trop jeune. Malartic, suit, avec un blanc particulièrement époustouflant.

    Bien sûr, ces grands vins ne sont pas donnés, mais ils ont aussi une gamme de prix cohérente qui correspond au marché, par rapport aux autres vins de France, et aux vins étrangers. Je fais régulièrement des verticales de Carbonnieux ou de La Tour-Martillac, qui sont, à mon sens, les plus beaux exemples, de très grandes valeurs sûres bordelaises, depuis des années, à des prix fort sages, et une telle régularité qualitative cela mérite un coup de chapeau.

    Mon Classement a révolutionné les stéréotypes en faisant accéder au sommet plusieurs crus de Pessac-Léognan pour leur rapport qualité-prix-plaisir incontournable et pour récompenser les efforts des hommes de ces crus. À leurs côtés, j'ai très bien noté, suivant leur évolution qualitative depuis plusieurs années, trois autres vins qui méritent les honneurs : Luchey-Halde , un vin qui ne m'a jamais déçu (ce n'est pas si courant); Seguin, où l'équipe en place confirme tout le potentiel de ce cru, dont le second vin, à lui seul, mérite une commande; Grandmaison de Jean Bouquier (le vin que je commande certainement le plus dans l'un de mes restaurants bordelais préférés, tant la régularité qualitative cotoie un prix vraiment très accessible); Brown (le blanc est superbe), où Jean-Christophe Mau donne largement satisfaction à son père, mon autre ami Jean-François, en s'attachant à élever des vins riches en bouquet comme en matière. On peut aussi retenir : Mirebeau, Haut-Plantade ou Haut-Lagrange (confer Article).

    Et puis, ce n’est pas si facile de réussir à la fois du blanc et du rouge, et les propriétaires que nous soutenons ont aussi le mérite de réussir cela. Les vins blancs de Pessac sont tout à fait remarquables et rentrent dans la “cour” des grands vins blancs du monde et les rouges sont parvenus à un haut niveau qualitatif et cela dans toute la gamme.

    Évidemment, d’autres ont exagéré, accumulant les “prouesses” œnologiques, faisant des vins insipides, marqués par des senteurs tropicales (sic), et trop chers. Il y a donc aussi, on s'en doute, des vins de Pessac-Léognan largement dépassés par des vins de Graves, notamment si on parle de qualité-prix...

    Les Graves du Sud

    Je me souviens des querelles d’hommes lors de cette séparation des Pessac-Léognan avec les Graves du sud. Pourtant, il fallait bien que les Graves de Pessac-Léognan se distinguent de ceux de Langon, les terroirs étant fort disparates.

    En parallèle, l’appellation de Graves a également explosé qualitativement, dans les blancs comme les rouges et cela dans une gamme de prix très large : c’est dans cette région qu’il y a eu le plus grand bouleversement qualitatif ces vingt dernières années. On fait des vins superbes à Landiras, à Podensac, à Portets ou à Beautiran, et je n’ai pas hésité longtemps à les faire accéder au sommet dans mon Classement, tant leur rapport qualité-prix-typicité est réussi. On reconnaît facilement “à l’aveugle” un vin de Graves, ce qui prouve bien qu’il y a une identité.

    Pour preuves, plusieurs crus sont particulièrement savoureux dans cette appellation : Chantegrive, de la famille Lévêque, que j'apprécie et soutiens depuis mon premier Guide (j'ai justement dégusté hier un rouge 2003 particulièrement chaleureux); Grand Bos, où l'exigeant André Vincent peut être fier du travail accompli en 20 ans, élevant aujourd'hui un grand vin rouge racé; Rahoul, de mon ami Alain Thiénot, qui y a mis tout son talent ici comme en Champagne.

    Ensuite, quatre vins se démarquent aisément du lot, tant il y a de tout dans l'appellation : Mauves, bien sûr, ce vin de la famille Bouche, avec laquelle j'ai des accointances particulières, certainement l'un des plus jolis rapports qualité-prix-plaisir (cela compte) du coin, et depuis un bout de temps; et Le Tuquet, où la famille Ragon élève, discrètement mais depuis longtemps, l'une des plus belles valeurs sûres de l'appellation; ajoutez-y d'Ardennes, que je "suis" depuis plus de 20 ans, et Tourteau-Chollet, du dynamique Maxime Bontoux, qui s'est donné le moyens de faire de son vin une référence. Tous accèdent au statuts particulièrement enviables de "Premiers Grands Vins Classés", aux côtés des grandes figures toujours incontournables de ces vignobles, même si, bien entendu, il existe une hiérarchie interne à cette catégorie (voir : Pour bien comprendre les Classements).

    À la suite, j'ai toujours un "faible" pour de nombreux propriétaires, dont je connais la passion et la volonté de bien faire, certains depuis plus de 20 ans, d'autres plus récemment. Je vous cite donc avec plaisir : Nancy de Bournazel, bien sûr, avec son M de Malle ou Cardaillan (au sommet avec son Château de Malle, à Sauternes), la famille Yung (Haut-Calens), Jean-Noël Belloc (Brondelle), qui habite tout près de chez moi, Françoise Coussié (La Blancherie), Michel Pélissié (qui va redonner ses lettres de noblesse au Château de Landiras), la famille Perromat (Mayne), ou les sympathiques Évelyne et Alain Caillez (Toulouze). Et puis, d'Arricaud, Rougemont, Piron, Saint-Agrèves, Grand-Abord ou Magneau, d'autres châteaux qui comptent, que vous retrouvez dans MILLÉSIMES.

    On se doute qu'il y en a d'autres, comme il y en a aussi qui me font sourire ou qui ne m'emballent pas. That's life !


    Le terroir de Pessac-Léognan

    Le 9 Septembre 1987, un décret reconnaissait l'Appellation d'Origine Contrôlée Pessac-Léognan. L’appellation représente un quart de la superficie des Graves. Depuis 20 ans, les viticulteurs ont fait passer leur surface globale de 550 ha à 1 200 ha.
    Le terroir se compose de terrasses construites par la Garonne lors des grandes crues millénaires qui ont apporté une grande variété de débris caillouteux, venus parfois de très loin, notamment des Pyrénées; ces débris caillouteux multicolores, usés au point d’être polis, voire luisants après la pluie, sont plus ou moins enrobés de terre ou de limon. Les Graves de Pessac-Léognan reposent donc sur un sous-sol d’argile, de sable, d’alios, de calcaire et de faluns. Elles sont témoins des cours anciens de la Garonne, mis en place depuis la fin de l’ère tertiaire puis durant le Quaternaire au fur et à mesure que passaient les époques glacaires. Ces graves, composées de graviers, galets roulés par les eaux, ont une épaisseur variant d’une vingtaine de centimètres à trois mètres et plus. La variété du cailloutis est exceptionnelle avec des quartz et quartzites ocres, blancs, rouges et roses, des jaspes, agatoïdes, silex et lydiennes... savant mélange harmonieux et chatoyant. Réfléchissant parfaitement le rayonnement solaire, la grave redistribue progressivement la chaleur sur les grappes. Inscrits dans un relief mamelonné, les dépôts de graves forment des croupes particulièrement bien dessinées dans le paysage, bénéficiant d’une excellente exposition avec des pentes toujours assez fortes pour assurer un drainage naturel. Ce drainage est renforcé par un réseau hydrographique important de petits cours d’eau et d’affluents de la Garonne.

    Le terroir des Graves

    Vignoble de clairière, au milieu des forêts protectrices, entre Garonne et plateau landais, les Graves sont situées sur une large bande de terre de 55 km de long sur 10 de large, longeant la rive gauche de la Garonne, entre le nord de Bordeaux et le sud de Langon. Le terroir des Graves se compose principalement de terrasses construites par la Garonne lors des grandes crues millénaires. Celles-ci ont charrié une grande variété de graviers, de galets fluviaux ou glaciaires roulés dans les eaux, de débris caillouteux de taille et de couleurs fort différentes. Réfléchissant parfaitement le rayonnement solaire, la grave réchauffe le raisin à la saison venue, contribuant ainsi à la parfaite maturité des grappes. Ces cailloux silicieux (Graves venant des Pyrénées ou de l’ancien lit de la Garonne) reposent en couches parfois profondes (de 50cm à 3m de profondeur) sur un sous-sol très divers : d’abord une base de calcaire, c’est-à-dire des roches à astéries, marquées par les traces anciennes de coquillages (terre idéale pour les vins rouges); puis une couche d’argile, plus ou moins imperméable, où la vigne trouve un peu d’humidité, mêlée par endroit d’alios, un sable durci par un ciment ferrugineux noirâtre (favorable aux vins blancs). Les terrasses en gravières, bien exposées, que l’on doit au fleuve, ont été entaillées par les petits affluents de la rive gauche. Ceux-ci ont sculpté le pays en croupes harmonieuses séparées par de petites vallées. Le plateau des Graves est une succession d’ondulations topographiques dont le drainage naturel est excellent pour la vigne. Les Graves sont à l’abri de la forêt des landes girondines, leur frontière naturelle à l’ouest. La forêt de pins protège le vignoble et fait écran contre les grosses intempéries. La Garonne, toujours à moins de 10 km des pieds de vigne, joue un rôle prépondérant.

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu